L’Hôpital Cognacq-Jay a souhaité s’engager sur le sujet du tri des déchets, avec la conscience qu’une mise en conformité serait nécessaire sur certaines filières où le tri n’était pas encore en place, notamment les biodéchets, devenus une obligation réglementaire pour tous les établissements depuis 2024. Myriam Grange, attachée administrative à l’Hôpital, revient sur la façon dont l’accompagnement de Take a waste a permis d’aller plus loin : impact environnemental réduit et, en plus, des économies importantes dégagées en repensant la collecte des déchets résiduels.
Le sujet des déchets n’était pas prioritaire jusque-là, mais nous savions que certaines filières nécessiteraient une mise en conformité : le tri des biodéchets, en particulier, est devenu une obligation réglementaire pour l’ensemble des établissements depuis 2024, et celui des emballages l’est de longue date pour tout professionnel. Jusqu’alors, notre gestion des déchets reposait presque entièrement sur une collecte de déchets résiduels assurée par un prestataire privé, dans laquelle biodéchets et emballages n’étaient pas encore triés.
Nous nous attendions à ce que ces mises en conformité représentent simplement un coût supplémentaire. C’est en travaillant avec Take a waste sur la manière de les mettre en œuvre qu’un audit sur site a permis d’objectiver la situation et d’identifier des marges de manœuvre auxquelles nous n’avions pas pensé.
En mettant en place le tri des biodéchets et des emballages, nous avons réduit le volume de nos déchets résiduels. Take a waste nous a alors montré l’intérêt d’aller plus loin, en ajoutant la collecte séparée des cagettes en bois et des papiers confidentiels, jusque-là mélangés au reste. Le volume de résiduel restant est ainsi devenu suffisamment faible pour envisager un changement de mode de collecte.
Nous avons pu basculer une partie de cette collecte, jusque-là assurée par un prestataire privé, vers le service public, à un coût nettement inférieur. Ce transfert n’aurait pas été possible sans le tri réalisé en amont. C’est cette combinaison qui a permis de dégager des économies significatives, sans dégrader notre conformité réglementaire, et qui a facilité la validation du projet en interne dès le démarrage.
Nous travaillons aujourd’hui sur une dizaine de filières : biodéchets, emballages, cartons, cagettes bois, piles et verre, ces deux derniers flux étant gérés en partenariat avec l’IME de la Fondation.
Si le nouveau dispositif de tri a été rapidement adopté par la majorité des équipes, son accueil a été plus mitigé dans les services de soins où les équipes ont pu percevoir les stations de tri comme une contrainte supplémentaire dans des journées déjà denses. Nous avons donc fait le choix, pour l’instant, de ne pas les déployer dans ces services, et de concentrer le dispositif (une douzaine de stations à ce jour) dans les zones administratives, les espaces communs et les offices alimentaires pour les biodéchets.
Par ailleurs, le turnover du personnel soignant complique parfois la pérennisation des bons réflexes de tri : chaque nouvelle arrivée nécessite un temps de sensibilisation, ce qui crée des écarts récurrents. La routine s’installe progressivement, mais demande du temps et une vigilance constante.
Au-delà de la mise en place initiale, nous sommes satisfaits aujourd’hui du suivi de notre établissement par l’équipe support, notamment notre interlocutrice Marie auprès de qui nous obtenons des réponses rapides, y compris sur des sujets complexes.
Nous comptons également sur Take a waste pour nous tenir informés des évolutions de la réglementation déchets et de leur impact pour notre établissement (par exemple en ce moment la nouvelle REP emballages professionnels ou les collectes d’emballages hors foyer), ainsi que sur ses propositions pour aller plus loin dans le tri et la réduction de nos déchets.
Deux ans après le démarrage, le tri est aujourd’hui globalement bien en place à l’Hôpital Cognacq-Jay, avec une dynamique d’amélioration continue. Nous poursuivons plusieurs chantiers : fiabiliser notre tableau de bord avec des vues comparatives de nos indicateurs de coûts et de poids, mettre en place des points d’échange réguliers avec notre référente Take a waste, et rediscuter d’ici la fin de l’année du déploiement de stations de tri dans les services de soins.
Ce qui devait être, au départ, une simple mise en conformité s’est traduit par plusieurs bénéfices concrets. D’abord, la conformité réglementaire elle-même : le tri des biodéchets et des emballages est aujourd’hui en place, aux côtés des autres flux obligatoires. Ensuite, une réduction réelle de notre impact environnemental : une part croissante de nos déchets rejoint des filières de recyclage ou de valorisation énergétique, plutôt que le seul enfouissement ou l’incinération du résiduel. Enfin, et c’était loin d’être acquis au départ, des économies importantes, rendues possibles par la bascule d’une partie de notre collecte vers le service public.
Au niveau de la Fondation, la démarche RSE s’est structurée depuis 2024, avec désormais un comité de pilotage RSE mensuel réunissant l’ensemble de ses établissements. Nous y parlons régulièrement de Take a waste, et des échanges ont déjà eu lieu avec d’autres structures de la Fondation intéressées par la démarche.