Flux de déchet
Le recyclage et réemploi des déchets textiles
Le recyclage textile et le réemploi textile ne sont plus des sujets périphériques pour les entreprises. Avec l’entrée en vigueur en 2025 du décret dit “8 flux”, les déchets textiles deviennent un flux de tri obligatoire pour les professionnels, au même titre que le papier, le plastique ou le bois.
Les secteurs fortement consommateurs de textiles – hôtellerie-restauration, santé, distribution, commerce spécialisé – sont directement concernés par ces nouvelles obligations.
Déchets textiles : de quoi parle-t-on ?
On regroupe sous la dénomination de “déchets textiles” l’ensemble des textiles usagés en provenance des ménages (vêtements, linge de maison, chaussures, etc.), des entreprises ainsi que les chutes de tissu neuf générées par l’industrie textile.
Dans un contexte professionnel, les déchets textiles regroupent principalement :
Textiles professionnels : linge hôtelier (draps, serviettes, peignoirs), vêtements de travail, uniformes, blouses médicales, textiles promotionnels…
Chaussures professionnelles et commerciales : chaussures de sécurité, chaussures de travail, retours clients ou invendus dans la distribution.
Textiles en fin de vie : articles usés, dégradés, obsolètes ou non conformes aux standards de qualité.
Contrairement aux déchets textiles des ménages, ces flux présentent :
- des volumes homogènes et réguliers,
- une traçabilité plus facile,
- un fort potentiel de réemploi textile ou de recyclage chaussures lorsqu’ils sont correctement triés à la source.
Pour les entreprises, l’enjeu n’est donc pas seulement la collecte, mais l’organisation d’un flux dédié, propre et valorisable.
Notez que les déchets textiles se rapportent aux textiles classiques dits “tissés” (vêtements, linge, etc.) et non aux textiles “non-tissés”, tels que les textiles sanitaires à usage unique (TS2U). Ces derniers constituent un flux de déchets distinct et ne sont donc pas compris dans l’obligation de “tri 8 flux”. Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter notre article dédié.
Quel est le cadre réglementaire ?
Tri à la source : le textile est devenu le 8ᵉ flux obligatoire pour les entreprises
Depuis le 1er janvier 2025, les entreprises sont tenues de trier séparément leurs déchets textiles, dans le cadre de l’extension du décret “5 flux” à 8 flux prévue par la loi AGEC.
Le textile rejoint ainsi les flux déjà réglementés (papier, métal, plastique, verre, bois, fraction minérale, plâtre).
Concrètement pour les professionnels, cela implique
interdiction de mélanger les déchets textiles avec les ordures résiduelles,
obligation de mise en place d’un tri à la source,
recours à des filières de collecte et de valorisation adaptées.
⚠️ Attention : Le non-respect du tri à la source est passible d’une sanction administrative d’un montant maximal de 150 000 € et constitue une infraction pénale punie d’une peine maximale de deux ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende !
La filière REP TLC (Textiles, Linge de Maison et Chaussures)
Les textiles et chaussures usées relèvent de la filière REP Textiles, Linge de Maison et Chaussures dite TLC, pilotée par l’éco-organisme Refashion depuis 2018 sous l’autorité de l’ADEME.
Cette filière vise à développer le réemploi textile en priorité et structurer le recyclage textile et recyclage chaussures, en accompagnant les acteurs économiques dans la gestion de leurs flux.
Pour les metteurs en marché, cela implique de financer la gestion de la fin de vie des produits qu’ils mettent sur le marché français. Sont concernés l’ensemble des marques, fabricants, importateurs, distributeurs, enseignes de retail et vendeurs en ligne, y compris en B2B et en e-commerce. Cette obligation se traduit par l’adhésion à Refashion et le paiement d’une éco-contribution, calculée en fonction des volumes, des catégories de produits et de critères d’éco-conception.
Pour les détenteurs de déchets textiles et chaussures, 2 cas possibles :
- Pour les particuliers, la REP permet l’accès à des solutions de reprise gratuite via des points de collecte dédiés (bornes textiles, associations), finançées par l’éco-contribution.
- Pour les professionnels, la REP facilite l’existence de filières structurées de réemploi textile et recyclage textile avec des opérateurs agréés, mais la reprise n’est pas systématiquement gratuite.
Interdiction de destruction des invendus non alimentaires
Les invendus non alimentaires représenteraient une valeur marchande de plus de 2 milliards d’euros chaque année en France. En 2021, moins de la moitié fait l’objet d’un don et 15% sont détruits (ADEME, 2021).
Pour mettre fin à ce gaspillage, la loi AGEC a mis en place une obligation pour les producteurs et metteurs sur le marché de réemployer, réutiliser ou recycler les produits non alimentaires invendus. Cette nouvelle obligation est entrée en vigueur au 1er janvier 2022. En cas de non-respect, le contrevenant s’expose à une amende administrative d’un montant maximal de 3000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale.
Que deviennent les déchets textiles et chaussures?
Les textiles déposés dans les ordures ménagères sont irrémédiablement incinérés. En effet, il n’existe à ce jour encore aucune technologie permettant de trier les ordures ménagères pour en extraire les textiles.
Concernant les textiles déposés en point de collecte conventionné :
- 60% sont réutilisés en l’état et revendus sur le marché de l’occasion (friperies, boutiques solidaires) en France et à l’international.
- 40% des textiles triés restants sont non réutilisables car trop usés. Ils sont alors revalorisés différemment : recyclage en isolant pour le bâtiment, transformation en nouvelles fibres textiles, valorisation énergétique, etc. 0,5% sont incinérés sans valorisation.
Une fois triés correctement, les déchets textiles professionnels suivent plusieurs voies de valorisation.
Réemploi textile (prioritaire)
Lorsque l’état des textiles le permet, ils peuvent être :
réemployés dans des circuits de seconde vie
transformés via des projets d’upcycling ou de réutilisation interne.
Quelques exemples :
Dans l’hôtellerie, des entreprises spécialisées comme Revisité pour le linge plat professionnel de rebut ou Hedj pour les déchets de textile professionnels proposent des solutions de revalorisation textile sur mesure en recyclage ou upcycling.
Dans l’évènementiel, TissUp réinvente kakémonos, bâches et drapeaux en objets utiles en boucle fermée.
Recyclage textile et recyclage chaussures
Les textiles et chaussures usées non réemployables sont orientés vers :
le recyclage matière (fibres, isolants, matériaux techniques),
des filières spécifiques pour les chaussures, dont les composants sont plus complexes à séparer.
Même si les taux de recyclage progressent, une part importante des textiles professionnels reste aujourd’hui sous-valorisée, faute de tri ou de solutions adaptées en amont.
Que faire de vos déchets textiles et chaussures?
On ne le rappellera jamais assez mais le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ! Il est donc essentiel de réfléchir prioritairement aux solutions qui permettraient de réduire à la source le nombre de déchets textiles et chaussures dans votre établissement.
Pour les déchets usagés mais encore utilisables, nous vous invitons à vous interroger en priorité sur les possibilités de réutilisation et de réemploi interne (ex : réutilisation du linge usé en torchons pour la cuisine) comme externe (don à des associations ou des opérateurs de l’ESS, programme d’upcycling avec des ateliers d’insertion etc…).
Pour les déchets textiles restants, votre entreprise doit mettre en place un tri à la source, d’abord avec le choix du ou des contenants les mieux adaptés puis du prestataire agréé à collecter les déchets textiles.
Secteurs concernés par le recyclage du textile
Les hôtels
Les établissements de santé
La grande distribution