Flux de déchet
Le traitement des DASRI (déchet d’activité de soin à risque infectieux) en établissement de santé
Les déchets d’activité de soin à risque infectieux, plus communément appelés DASRI, représentent une part importante des déchets en hôpital ou EHPAD. Ces déchets posent des défis majeurs en termes de santé publique et d’impact sur l’environnement.
Qu'est-ce qu'un DASRI ?
Définition du DASRI
Certains déchets hospitaliers contiennent des micro-organismes ou des toxines nuisibles à la santé humaine et animale. Ainsi, le personnel soignant doit les gérer avec précaution pour prévenir tout risque sanitaire.
De le même façon, certains déchets, bien qu’ils ne présentent pas de risque infectieux sont considérés comme des DASRI :
- Objets tranchants ou piquants (OPCT), utilisés ou non ;
- Les produits sanguins thérapeutiques partiellement utilisés ou périmés ;
- Les déchets anatomiques humains, tels que des fragments non reconnaissables.
Le risque infectieux
Publié en juillet 2025, le nouveau guide DASRI de la Direction Générale de la Santé vient actualiser et harmoniser les pratiques de gestion des déchets d’activités de soins à risque infectieux.
Sans introduire de nouvelles obligations réglementaires, il précise le cadre existant et apporte des repères opérationnels pour sécuriser les pratiques de tri.
En s’appuyant sur les avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP), le guide encadre la notion de « risque infectieux » en la limitant à deux situations :
- l’exposition à un foyer infectieux avéré ou suspecté,
- et la présence de sang, de sécrétions ou d’excrétions en quantité suffisante pour présenter un risque d’écoulement.

EPI utilisés contre risque infectieux

Pièces anatomiques

DAS avec risque écoulement

Objets Coupant Piquant Tranchant (OPCT)

Poches de Produits Sanguins Labiles (PSL)
La responsabilité des soignants dans le tri des DASRI
Le guide de la DGS est formel : la responsabilité du tri des DASRI incombe au producteur du soin, qui doit décider de l’orientation des déchets en fonction du contexte de prise en charge et de l’état clinique du patient.
Cette décision repose sur une évaluation clinique ou microbiologique, et en cas de doute, après une analyse des risques aussi complète que possible, l’orientation vers la filière DASRI reste à privilégier.
Quel est le cadre réglementaire des DASRI ?
La réglementation des DASRI fixe des consignes strictes pour leur tri, ainsi que pour leur entreposage et leur traitement.
Stockage
Le stockage des déchets à risque infectieux nécessite un local spécifique, ventilé, éclairé et protégé contre les sources de chaleur. Par ailleurs, ce local doit également être sécurisé, facilement nettoyable et équipé d’installations sanitaires telles qu’une arrivée d’eau et une évacuation vers les égouts.
De plus, lorsque les déchets à risque infectieux proviennent de différentes structures telles que les IRM ou les scanners et que la quantité regroupée dépasse 15 kg par mois, une déclaration de regroupement doit être faite au directeur général de l’Agence régionale de santé.
Fréquence de collecteL’ADR a rendu obligatoire la désignation d’un “conseiller à la sécurité pour le transport des matières dangereuses” auprès de la préfecture de région pour les établissements concernés par des collectes de DASRI de plus de 333 kg par chargement.
Selon l’arrêté du 7 septembre 1999, un établissement de santé produisant plus de 100 kilos par semaine de ce type de déchets ne doit pas excéder un délai de 72 heures entre chaque collecte.
Que deviennent les DASRI collectés ?
Finalement, ces déchets hospitaliers et médicaux sont traités selon le type de Déchets d’Activité de Soin à Risque Infectieux :
| Type de déchets | Modalités de traitement |
|---|---|
| Déchets infectieux | doivent être incinérés, ou subir un prétraitement par banalisation. |
| Pièces anatomiques | Doivent être incinérées dans un crématorium de pièces anatomiques humaines. |
| Déchets radioactifs de période longue | Sont pris en charge par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA). |
| Déchets radioactifs de période courte | Doivent suivre un protocole de décroissance radioactive sur site : si ce sont des liquides aqueux être jetés aux eaux usées, et si ce sont des solvants être orientés vers une filière de déchets chimiques. |
| Les substances cytotoxiques et cytostatiques et les Agents Transmissibles Non Conventionnels | Doivent obligatoirement être incinérés à 1200°C en tant que déchets dangereux. |
| Les déchets ayant été souillés par des substances cytotoxiques ou cytostatiques | Les déchets ayant été souillés par des substances cytotoxiques ou cytostatiques : peuvent être incinérés avec les DASRI, à 850°C. Le pré-traitement par désinfection est exclus pour ces déchets. |