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Faut-il investir dans les appareils de banalisation des DASRI ?

Les déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) présentant par nature des risques de contamination, leur traitement nécessite un suivi et des précautions particulières. Il existe aujourd’hui deux manières de traiter les DASRI :

  • par incinération, en les envoyant dans des unités d’incinération habilités ;
  • par banalisation, en les désinfectant avant de les traiter en mélange avec les déchets assimilés aux ordures ménagères (DAOM).

Nous vous proposons à travers cet article d’en apprendre plus sur ce processus de banalisation des DASRI qui permet leur stérilisation afin de les transformer en déchets compacts, inertes et secs qui peuvent être assimilés à des ordures ménagères.

 

1 décembre 2021

Comment ça marche ?

Sur le marché, il existe actuellement deux technologies : autoclave et micro-onde.

La technologie autoclave, utilisée notamment par Ecodas, permet une décontamination par montée en température et en pression.

Aujourd’hui, de plus en plus de prestataires privilégient la technologie micro-onde, qui consiste à chauffer les déchets sans montée en pression pour les transformer en résidus inertes valorisables. C’est notamment le cas des appareils Sterilwave fabriqués par Bertin, ou des machines Ecosteryl.

Procédé de banalisation DASRI avec la technologie micro-onde

Quels sont ses principaux avantages et inconvénients ?

La banalisation a l’avantage d’être une solution à la fois économique, écologique et sûre, mais présente également quelques contraintes à intégrer.

Sur le plan économique

Alors que les coûts de traitement des DASRI sont souvent très élevés – autour de 800 à 1 000 € la tonne, ceux des ordures ménagères le sont beaucoup moins – plutôt autour de 150 à 200 € la tonne. Banaliser les DASRI sur site permet donc d’économiser sur les frais de traitement. A condition bien sûr d’avoir des tonnages assez importants pour que le jeu en vaille la chandelle.

Nous avons fait le test sur plusieurs cliniques, en prenant en compte les charges de personnel, les coûts de fonctionnement et de maintenance du banaliseur, ainsi que le coût de traitement des DASRI une fois banalisés. En général, l’investissement devient rentable à partir d’une quarantaine de tonnes de DASRI produits par an. Et si les tonnages sont plus faibles, il est toujours possible de mutualiser l’investissement avec des établissements proches.

Bien que l’investissement initial soit assez lourd, les gains peuvent permettre de l’amortir en quelques années à peine !

Sur le plan environnemental

La banalisation permet également de réaliser des gains environnementaux conséquents. En effet, banaliser sur site permet de réduire les distances de transport si les DASRI sont traités loin de l’établissement, et donc d’améliorer son impact carbone.

Et quand bien même le site de traitement serait proche, banaliser sur site permettrait tout de même d’améliorer son impact carbone en optimisant le transport des DASRI. D’une part car, une fois désinfectés, les DASRI peuvent être traités en mélange avec les DAOM ce qui permet de n’avoir plus qu’un seul flux au lieu de deux. D’autre part, car le processus de banalisation permet de réduire les volumes jusqu’à 80% et le poids jusqu’à 25%.

Toutefois, pour avoir un impact environnemental positif, il ne faudrait pas que la banalisation devienne un frein à la réduction à la source. Une fois le banaliseur installé, il serait dommage de l’utiliser qu’au tiers ou la moitié de sa capacité, ce qui pourrait inciter à ne pas réduire ses tonnages de DASRI. Un sujet à anticiper donc, notamment au moment du choix de la machine…

Au niveau de la fiabilité

Enfin, le procédé de banalisation est sûr : les microbes sont inactivés au-delà des normes réglementaires internationales. Cette efficacité dans les processus de désinfection permet de respecter les procédures de sécurité et réduire les risques de contamination.

Grâce à la banalisation sur site, les DASRI sont désinfectés quotidiennement. Ainsi, il n’y a plus à se préoccuper des délais de 72h maximum avant traitement. Cependant, il peut arriver que le banaliseur tombe en panne – selon les machines, les premières pannes surviennent souvent au bout de 6 ou 7 ans d’utilisation. Il vaut donc mieux prévoir une solution de secours pour le traitement des DASRI. 

Les prérequis opérationnels

Place disponible 

Les banaliseurs sont volumineux et doivent être installés dans un local fermé. Avant d’investir, il faut donc s’assurer d’avoir un local assez grand – en hauteur comme en largeur – pour accueillir le banaliseur. Pour pallier ce problème de place, différentes solutions peuvent être retenues. Les hôpitaux de Quimper et Pau par exemple, ont choisi de placer le l’appareil dans une construction en tôle montée près du compacteur DAOM.

Temps disponible

Une personne devra s’occuper de la maintenance légère, de la surveillance et du chargement de la machine. Elle devra aussi veiller au transfert des déchets vers les bacs DAOM ainsi qu’au nettoyage quotidien de la machine et du local dans lequel elle se trouve. Il faut donc quelqu’un à plein temps pour gérer le banaliseur, ou bien prévoir plusieurs personnes qui peuvent se relayer. C’est la solution retenue par le CH d’Aurillac qui a formé 6 de ses salariés à la gestion des banaliseurs. Ainsi, il y a en permanence au moins l’un d’entre eux sur site lorsque les machines sont en marche.

Nuisances sonores et olfactives

Il faut savoir que les machines de désinfection sont bruyantes et peuvent générer de mauvaises odeurs – qui peuvent toutefois être atténuées par des produits vendus par les prestataires.

Conclusion : on investit ?

Étude de faisabilité à faire au cas par cas

La banalisation sur site peut vous faire réaliser des économies tant sur le plan financier que sur celui de l’impact environnemental, et permet d’être indépendant pour le traitement des DASRI ce qui est particulièrement pertinent dans les zones géographiques en tension.

Mais l’investissement initial est lourd et implique un changement de circuit pour le traitement des DASRI. Il faut donc bien réfléchir à tous les critères à prendre en compte en réalisant une étude de faisabilité – nous pouvons vous aider sur ce point – avant de vous lancer.

Financement de l’ADEME

Dans le cadre du plan de relance, l’ADEME a lancé un appel à projet sur les investissements dans les équipements de désinfection des DASRI. Ce dispositif d’aide vise à soutenir les projets qui présenteraient des avantages sur le plan sanitaire et environnemental, tout en étant intéressants sur le plan économique.

L’ADEME peut financer jusqu’à 45% de l’investissement, voire plus si le projet permet une valorisation matière des DASRI prétraités. Les dossiers sont à déposer sur la plateforme Agir pour la transition avant le 1er mars 2022.

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