Flux de déchet
Le recyclage des produits d’hygiène et d’entretien
Dans le secteur tertiaire, les produits d’hygiène et d’entretien représentent une part significative d’emballages plastiques, de consommables à usage unique et de résidus chimiques.
Mal triés ou mal orientés, ces flux peuvent rapidement être dirigés vers la mauvaise filière, alors qu’une gestion adaptée permet de les valoriser, tout en réduisant à la fois les impacts environnementaux et les coûts de traitement.
De quel déchet parle-t-on ?
Les déchets issus des produits d’hygiène et d’entretien regroupent l’ensemble des résidus générés par l’utilisation de produits destinés au nettoyage, à la désinfection et à l’hygiène. Ils comprennent à la fois :
- Les produits consommés: lingettes, essuie-mains papier, papier hygiénique, absorbants,
- Les résidus de produits: fonds de bidons, solutions non utilisées, produits périmés,
- Les emballages associés: flacons, bidons, aérosols, cartouches, recharges.
Quel est le cadre réglementaire ?
La gestion des déchets issus des produits d’hygiène et d’entretien en entreprise est encadrée par le Code de l’environnement, en particulier les articles L.541-1 et suivants, qui posent le principe fondamental selon lequel tout producteur ou détenteur de déchets est responsable de leur gestion jusqu’à leur élimination ou valorisation finale.
Cette responsabilité implique l’obligation de trier les déchets, de prévenir leur production, d’en assurer la traçabilité et de les orienter vers des filières de traitement adaptées et autorisées.
Selon leur composition et leur niveau de souillure, ces déchets peuvent relever de différentes catégories réglementaires :
- Déchets non dangereux assimilables aux déchets industriels banals (DIB),
- Emballages recyclables lorsqu’ils sont vides et non contaminés,
- Déchets dangereux en présence de substances chimiques classées (désinfectants, solvants, produits concentrés).
Leur identification précise est essentielle afin d’orienter chaque flux vers la filière de traitement adaptée et conforme à la réglementation en vigueur.
Les 9 pictogrammes de dangerosité permettent d’identifier rapidement les risques associés à un produit (inflammable, corrosif, toxique, dangereux pour l’environnement, etc.). Leur présence sur un emballage doit systématiquement alerter et guider les modalités de tri et de traitement du déchet.
Il est toutefois légitime de se demander : où jeter vos produits d’entretien ? Si le contenu est dangereux, le contenant l’est-il également ?
Dans cet article, nous vous proposons un arbre de décision pour vous aider à gérer les déchets d’emballages de produits dangereux.
Si le produit s’avère être un déchets dangereux, leur gestion impose des exigences renforcées : conditionnement adapté, collecte par un prestataire agréé et, le cas échéant, émission de bordereaux de suivi de déchets dangereux (BSDD) sur Trackdéchets.
Enfin, les obligations de tri à la source issues de la loi AGEC n° 2020-105 du 10 février 2020 et de ses décrets d’application renforcent la séparation des flux recyclables (emballages plastiques, cartons, métaux) et encouragent la réduction des déchets à la source, le réemploi et l’utilisation de solutions alternatives.
Que deviennent les déchets collectés ?
Le devenir des déchets issus des produits d’hygiène et d’entretien dépend de leur nature, de leur niveau de contamination et du tri effectué à la source.
| Catégorie | Déchets concernés | Collecte | Traitement |
|---|---|---|---|
| Emballages vides et non souillés | Flacons plastiques, bidons, aérosols | Prestataire public ou privé | Orientés vers une filière de recyclage |
| Résidus de produits d’entretien | Produits périmés, fonds de bidons ou solutions concentrées | Déchetterie professionnelle ou prestataire agréé | Traités comme des déchets dangereux dirigés vers des installations spécialisées, le plus souvent par incinération ou traitement physico-chimique |
| Consommables souillés | Lingettes, essuie-mains papier, papiers hygiéniques, chiffons jetables | Prestataire public ou privé | Orientés vers les déchets résiduels, avec un traitement majoritairement par incinération ou, en dernier recours, par enfouissement |
Ces déchets-ils concernés par une filière REP ?
À ce jour, il n’existe pas de REP spécifique couvrant l’ensemble des produits d’hygiène et d’entretien. Toutefois, certaines catégories de déchets associées peuvent relever de dispositifs REP existants :
REP Emballages Professionnels (à partir de juillet 2026)
Les produits de nettoyage et d’entretien peuvent relever de la REP Emballages professionnels lorsque leurs contenants ont une capacité supérieure à 5 litres. Dans ce cadre, les emballages plastiques (bidons, jerricans, contenants rigides) bénéficient d’un soutien à la collecte et à la traçabilité des flux.
En revanche, les aérosols en métal, bien qu’inclus dans le périmètre des emballages professionnels, ne bénéficient que d’un soutien à la traçabilité, sans prise en charge directe des coûts de collecte.
Concernant les flacons de gel douche et de shampoing, notamment utilisés dans le secteur de l’hôtellerie, leur statut reste à ce jour ambigu. Ces contenants ne sont pas encore clairement définis comme des emballages professionnels au sens de la REP.
REP Textiles Sanitaires à Usage Unique (TS2U) - Lingettes à usage unique
Selon leur composition (fibres textiles, plastiques) et leur usage, elles peuvent être concernées dans le cadre des réflexions autour des textiles sanitaires à usage unique par la filière REP TS2U, encore en structuration.
En l’absence de REP couvrant directement les produits d’hygiène et d’entretien, la responsabilité de leur gestion en fin de vie repose principalement sur le producteur de déchets (l’entreprise utilisatrice), qui doit s’assurer de l’élimination ou de la valorisation de ses déchets.
Réduction à la source et réemploi
Les éco-labels
Selon une étude de la Commission européenne The direct and indirect benefits of the European Ecolabel, « si les produits porteurs de l’Écolabel européen atteignaient ne serait-ce que 55 % de parts de marché, cela permettrait une économie annuelle de 12 millions de m³ d’eau et une réduction de 22 000 tonnes de substances nocives rejetées dans l’environnement ».
La certification Écolabel européen évalue les impacts environnementaux liés notamment à la consommation de matières premières et d’énergie, à la pollution de l’eau, de l’air et des sols, à la production de déchets, au bruit, ainsi qu’à la préservation de la biodiversité.
En France, d’autres dispositifs permettent d’identifier des produits plus respectueux de l’environnement :
- NF Environnement (certifiée par l’Afnor)
- Ecocert
- Nature & Progrès
- Laboratoires Salveco proposent les gammes Atout Vert
- Novamex, avec la marque L’Arbre Vert
Privilégier les grands contenants et la recharge
Autant que possible, privilégiez les produits sans emballage. Certaines associations, telles qu’Unisoap, collectent par exemple les savons usagés des hôtels à des fins humanitaires.
Lorsque cela n’est pas possible, le recours à des contenants de grande capacité (bidons de 5 à 10 litres) et aux systèmes de recharge constitue un levier efficace de réduction des déchets d’emballages. Cette pratique limite la production de plastiques à usage unique, optimise la logistique et favorise une gestion plus rationnelle des stocks. Couplée à l’utilisation de produits concentrés, elle permet également de réduire les volumes transportés et les impacts environnementaux associés.
Par ailleurs, vérifier que les produits que vous utilisez ne contiennent pas de microbilles en plastique. Ces microbilles en plastique se retrouvent dans les réseaux d’assainissement qui collectent les eaux usées. Une fois dans le milieu marin, elles constituent une pollution qui ne peut être éliminée.
Fabriquer ses produits d'entretien par électrolyse
Cleanea propose une machine permettant de produire sur place un détergent et un désinfectant, à partir d’eau, d’un peu de sel et d’un procédé d’électrolyse.
L’objectif est d’utiliser une formulation beaucoup plus simple que celle des produits d’entretien traditionnels, tout en réduisant significativement l’empreinte carbone et la production de déchets plastiques.