Le rachat matière des déchets
Bien plus qu’une simple récompense du recyclage, le rachat représente un véritable levier économique et stratégique de bonne gestion des déchets, en particulier pour les sites produisant de gros volumes de déchets au quotidien. Dans cet article, découvrez comment profiter concrètement du rachat matière et quelles pratiques permettent de maximiser sa valeur.
Définition et principes fondamentaux
Qu’est-ce que le rachat matière ?
Le rachat matière consiste à revendre certains déchets à des acteurs de la collecte et du recyclage. Contrairement à une collecte classique, où l’on paie simplement pour l’enlèvement des déchets, le rachat matière peut permettre soit de réduire les coûts de gestion, soit de générer un gain financier.
Deux cas de figure existent en effet :
- Le rachat matière est supérieur aux coûts de collecte et de recyclage : dans ce cas, la valorisation couvre l’ensemble des frais et génère un bénéfice. La facture devient alors « négative », au sens où c’est le prestataire qui adresse un virement à son client (le détenteur du déchet)
- Le rachat matière reste inférieur aux coûts de collecte et de recyclage : le montant de rachat permet alors une réduction de la facture déchets, qui reste toutefois globalement positive. Le détenteur continue à payer une prestation au collecteur, mais le coût final est réduit proportionnellement au montant du rachat matière.
Quels sont les déchets qui peuvent faire l’objet d’un rachat matière et à quelles conditions ?
Souvent perçu comme une opportunité de générer facilement des revenus, le rachat matière repose en réalité sur 3 critères :
La nature de la matière
Toutes les matières ne disposent pas d’un débouché économiquement intéressant. Certains flux, comme certains plastiques complexes à recycler, n’intéressent pas les filières de recyclage et ne font pas l’objet d’un rachat. Le rachat matière est donc limité à certains flux de déchets, qui sont notamment :
- Les cartons ;
- Les papiers ;
- Les huiles alimentaires usagées ;
- Les métaux (ferreux et non-ferreux) ;
- Certains plastiques.
La qualité du tri est le premier levier de valeur. Un tri non conforme ou des déchets souillés peuvent entraîner des déclassements, leur redirection vers la filière des Déchets Industriels Banals (DIB), supprimant toute possibilité de rachat matière.
Former les équipes et clarifier les consignes de tri permettent d’éviter ces dérives et de maximiser le rachat.
La finesse du tri est également déterminante pour certains matériaux, notamment les métaux. Mélanger différents types de métaux dans une même benne réduit leur valeur de reprise. À l’inverse, un tri séparant, par exemple, l’acier, la fonte ou l’inox permet d’optimiser significativement le prix de rachat.
La quantité produite
Les gisements diffus ou en faibles volumes attirent peu les prestataires de collecte et les recycleurs. Le rachat matière est ainsi généralement réservé aux producteurs capables de générer des volumes suffisants et réguliers.
Les bacs roulants ou petits contenants génèrent généralement des volumes trop faibles pour permettre un rachat. Adapter le matériel de collecte à votre volume (si l’espace le permet) est essentiel : les bennes permettent d’atteindre des volumes plus significatifs.
Le conditionnement des déchets
Au-delà du volume, le conditionnement joue un rôle clef. Pour certains flux volumineux, comme les cartons ou certains plastiques, le compactage ou la mise en balle sont souvent un prérequis au rachat matière.
Les compacteurs ou presses à balles optimisent la densité et la massification des déchets, facilitent leur massification et optimisent la logistique.
Choisir le bon équipement permet non seulement de maximiser le rachat matière, mais aussi de réduire les coûts de transport et de stockage.
Le rachat matière en pratique
Comment est-il contractualisé et facturé ?
Le rachat matière s’effectue via un contrat avec un prestataire, précisant les modalités de collecte, de tri et de valorisation. Le calcul du rachat matière se fait toujours au poids réel, après pesée des déchets.
Pour la facturation, nous retrouvons ensuite les deux cas de figure évoqués ci-dessus :
Si le rachat matière est supérieur aux coûts de collecte et de traitement :
Le solde devient alors positif pour le détenteur des déchets. Il reçoit un Bordereau ou un Bon de Rachat Matière (BRM) précisant les volumes et le montant dû.
Il appartient ensuite au détenteur de déchets d’émettre une facture au prestataire afin de percevoir le montant correspondant.
💡A noter que Take a waste opère le rachat matière pour le compte de ses clients en réceptionnant les BRM des prestataires, et en assurant l’émission des factures correspondant aux montants dus.
Si le coût de collecte et de traitement est supérieur au rachat matière :
Dans ce cas, deux situations peuvent se présenter :
- Le prestataire émet un BRM et le producteur doit alors émettre une facture correspondante ;
- Le prestataire n’édite pas de BRM, notamment pour de faibles montants. Le montant du rachat est alors directement déduit de la facture de prestation pour simplifier la procédure administrative.
Quels sont les indices de référence et comment les suivre ?
La valeur de rachat d’une matière n’est jamais figée. Elle est définie à partir d’une mercuriale, c’est-à-dire un prix basé sur des indices de marché, qui évoluent généralement chaque mois. Ces indices reflètent l’offre et la demande de matières recyclées et constituent la base de calcul utilisée par les prestataires.
Dans les contrats, un point d’ancrage est généralement défini (prix de référence fixé à 50 €/tonne par exemple). Ce prix évolue ensuite à la hausse ou à la baisse en fonction des variations des indices de marché.
Ainsi, le montant réellement appliqué dépend à la fois du prix de référence négocié et de l’évolution des cours. Selon les périodes et le niveau des indices, certains déchets peuvent voir leur valeur diminuer fortement, voire ponctuellement devenir négative.
Tableau des indices :
Ce tableau présente les cours de rachat matière pour différents types de déchets, et illustre bien la tendance baissière des cours depuis l’été 2024 :
| Flux | Date | Prix à la tonne (sur la base d’un point d’ancrage moyen) |
|---|---|---|
| Vieux papiers, sortes ordinaires – Moyenne France-Export – 1.05 Ondulés récupérés (ex A5) | Novembre 2025 | -10,00 € |
| Juin 2024 | 111,50 € | |
| Polyéthylène – 04-2-40 Films et housses rétractables et étirables mêlés à laver | Novembre 2025 | 162,00 € |
| Juin 2024 | 349,00 € | |
| Polyéthylène – 04-2-42 Housses naturelles épaisses à laver | Novembre 2025 | 155,00 € |
| Juin 2024 | 246,00 € | |
| E40 Ferrailles broyées – Nord, Est, Ile-de-France | Octobre 2025 | 7,00 € |
| Juin 2024 | 111,00 € |
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Take a waste accompagne les entreprises sur toutes les étapes clés du rachat matière : comparaison des prestataires, formation des équipes, suivi des indices et surtout émission des factures.
Sans facturation auprès du prestataire, vous ne pouvez pas bénéficier des gains générés par le rachat matière, ce qui peut représenter plusieurs milliers d’euros par an. Nous nous assurons que chaque flux valorisable soit correctement facturé, sans coût caché.