Compostage sur site : ce qu’il faut savoir

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Compostage sur site : ce qu’il faut savoir

Vous êtes intéressé pour installer un compost dans votre établissement ? Voici quelques informations pratiques à connaître absolument avant de vous lancer 

  

1/ Le compost en général  

Le compost sur site  

Le compostage est un procédé de valorisation des déchets organiques (verts et alimentaires). Il existe différentes modalités de compostage avec des tailles variables : sur site, partagé, en plateforme, etc. Lorsque l’on parle de compostage sur site, on évoque une installation de petite taille, gérée localement et sans apport externe.  

Les enjeux  

Le compostage implique tout d’abord un tri à la source des biodéchets, qui réduit mécaniquement la quantité de déchets résiduels. Les biodéchets représentant 33 % [1] de la poubelle résiduelle, cette réduction aura un impact considérable sur votre gestion des déchets comme expliqué dans cet article.  

De plus, le compostage sur site amène également de nouveaux bénéfices qui lui sont propres :  

  • Environnementaux : En plus de détourner les biodéchets de l’incinération ou l’enfouissement, le compostage permet de produire de l’engrais bon pour les sols et le compostage sur site permet en plus d’éviter le transport des déchets ! 
  • Sociaux : L’entretien d’un compost fédère les collaborateurs autour d’un projet commun, et les sensibilise aux nouvelles exigences environnementales de leur lieu de travail. 
  • Réglementaire : Composter sur site c’est également respecter la loi puisqu’à partir du 1er janvier 2023, vous avez l’obligation de trier les biodéchets si vous en produisez plus de 5 tonnes par an. Cette obligation concernera tout le monde en 2024.
  • Economique : Le compostage sur site est, selon une étude récente de l’ADEME, le plus économique des modes de traitement des biodéchets : 450 € en moyenne par tonne, contre 780 € par tonne pour une collecte séparée par un prestataire extérieur [2].  

La réglementation du compost sur site  

Le compost sur site doit respecter une réglementation spécifique mise en place par l’arrêté du 9 avril 2018 :   

  • La quantité hebdomadaire maximale de déchets de cuisine et de table produite et traitée sur place ne dépasse pas 1 tonne ; 
  • Une personne physique ou morale est désignée comme responsable de la bonne gestion du site et formée aux règles de bonnes pratiques du compostage (par un maître composteur idéalement) ; 
  • Le compost produit peut être réutilisé sur site, sous la responsabilité de la personne responsable. Il peut également être cédé à un tier, à titre gracieux ou onéreux, pour un usage local et – en cultures maraîchères – limité aux cultures de racines. 

Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas de véritable frein réglementaire au compostage sur site ! La limite de production de biodéchets est assez élevée (1 tonne / semaine) ; de plus, il est possible de composter tous types de déchets de cuisine et de table, y compris les déchets carnés.

Vous n’avez donc plus de raison de vous en faire, alors à vos bio-sceaux !

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2/ Le compost, en pratique  

De quoi a-t-on besoin ? 

EtapeMatérielUsage 
Tri à la source Seau Pour récupérer les biodéchets à la plonge, en cuisine, en salle de restauration 
Compostage Bac de stockage Pour stocker la matière sèche (cartons, sciure, déchets de jardin…) 
Bac d’apportPour vider les biodéchets collectés sur le site (épluchures, restes alimentaires…) 
Bac de maturation Pour laisser le compost murir avant de l’utiliser 

Bon à savoir : Il existe également différentes machines de traitement sur site des biodéchets qui assurent leur traitement ou leur pré-traitement, tels que des composteurs électromécaniques, des biodigesteurs, ou encore des déshydrateurs.  

Cependant, ces installations ne sont pas considérées comme du compostage de proximité (comme précisé dans cette fiche technique accompagnant de l’arrêté du 9 avril 2018). Leurs utilisations ne sont pas agrées pour votre compostage sur site, et de ce fait votre compost est non éligible à une application sur les sols.

Nous vous déconseillons donc fortement l’achat qui, en plus d’être interdit, reste difficile à justifier pour les petits producteurs (-15 ou 20 tonnes par an) : consommation d’énergie, coût élevé, etc. 

Quels déchets dans le compost ? 

La recette d’un bon compost c’est un mélange entre les matières humides et sèches. En voici une liste non exhaustive :  

Déchets végétaux verts, humides

2/3

Déchets végétaux bruns, secs 

1/3 

EpluchuresServiettes et mouchoirs (non imprimés)  
Restes alimentaires Sacs en papiers (non imprimés)  
Filtre et marc de café Rouleaux de papiers toilettes / essuie tout  
Thé (sauf sachet en nylon)  Cartons
Coquilles d’œufs écrasés Boites à œufs en cartons  
Coquilles d’œufs écrasés Déchets de jardin  

Tous les déchets organiques sont réglementairement acceptables. Cela nécessite en revanche un bon dosage entre les différentes matières : tout est une question de proportion.  

La mise en place d’un compost  

En amont
  • Définir un.e ou des responsables pour la gestion du compost (voir la partie ci -dessus « la réglementation du compost sur site »)  
  • Installer les 3 bacs sur une zone avec de la terre, si ce n’est pas possible, mettre une couche de terre ou fond du bac d’apport et de maturation 
  • Disposer une couche de brindilles/matières organiques sèches au fond du bac d’apport 
  • Accrocher les affiches correspondant à chaque bac sur les composteurs 
  • Former les employé.es concerné.es par la mise en place du compost sur site
Au quotidien 
  • Collecter les biodéchets dans les zones de pré collecte 
  • Vider les biodéchets dans le bac d’apport 
  • Mélanger les déchets de cuisine avec la couche inférieure à l’aide d’une fourche 
  • Recouvrir de matière sèche (du bac de stockage) les biodéchets provenant de la cuisine. Pour 1 seau de pré-collecte il faut ajouter 1/3 de seau de matière organique sèche 
  • Brasser en profondeur une fois par semaine le bac d’apport à l’aide de la fourche 
Que faire de l’engrais ?  
  • Une fois le bac d’apport plein, le transférer dans le bac de maturation 
  • Laisser reposer 4/6 mois dans le bac de maturation 
  • Récupérer l’engrais pour les plantes sur site, pour les salarié.es, pour les visiteur.ses, pour le voisinage… 

Bon à savoir : Chez nos clients, l’entretien d’un compost nécessite en moyenne moins d’une heure par semaine :  

  • 30 à 45 minutes par semaine pour collecter les bio-seaux dans les services, déposer les déchets dans le composteur, nettoyer et réinstaller les bio-seaux. 
  • 10 minutes par semaine pour mélanger et retourner le compost.
     

Conclusion : la recette d’un bon compost 

Trois éléments essentiels vous aideront à avoir un compost de qualité :  

  • De l’eau : pour réguler l’humidité du compost, équilibrer l’apport de matière sèche et humide ; 
  • De l’air : mélanger le compost permet de laisser passer l’oxygène pour les micro-organismes ; 
  • De l’équilibre : pour 1 seau de biodéchet mettre l’équivalent de 1/3 de seau de matière sèche. 

Vous voulez vous lancer ? Faites-vous accompagner par un maitre composteur ! Il saura vous former et vous montrer les différentes techniques.

 

[1] MODECOM 2017 

[2] Lien vers l’étude de l’ADEME 

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