LES ACTUALITÉS ZÉRO DÉCHET
L’emballage écologique : existe-t-il vraiment ?
On voit se développer de plus en plus de formes d’emballages éco-conçus dont la réduction de l’impact environnemental est vantée. Ils peuvent alors apparaître, aux yeux des consommateurs, comme la solution miracle au problème des déchets.
Mais est-ce vraiment le cas ? Ce qui est sûr, c’est que certains emballages présentent des caractéristiques plus ou moins bénéfiques pour l’environnement.
– Il n’y a pas d’emballage idéal, à moins qu’il n’existe pas –
Malheureusement l’emballage est bien présent dans notre quotidien et accompagne la grande majorité des produits que nous consommons. Parfois superflu, son utilité est remise en question. Il est encore trop souvent à usage unique, il est une source de pollution dès sa production et il devient rapidement un déchet. Aujourd’hui, l’emballage représente 10% des émissions de CO2 du produit emballé et 32% du gisement des ordures ménagères en France.
1/ Les 4 leviers pour un meilleur emballage
La réduction du poids
Plus un emballage est lourd, plus il aura nécessité la consommation de matières premières, d’énergie ou encore d’eau lors de sa production. Eviter le suremballage, c’est préserver des ressources et économiser de l’énergie. La réduction du poids d’un emballage est rendue possible par différents moyens :
– La réduction par la suppression d’éléments qui ne sont pas nécessaires à l’emballage : c’est le cas pour une paille collée à une brique de jus ou l’emballage individuel de chaque bonbon dans un même .
La réduction par un travail effectué sur le matériau : la réduction de l’épaisseur. Les bouteilles en plastique (PET) par exemple, ont perdu jusqu’à 40% de leur poids entre 1992 et 2012 passant de 50 g à environ 28 g.
L’amélioration de la recyclabilité
Le recyclage assure une valorisation de la matière. S’assurer que l’emballage puisse intégrer une filière de recyclage évite de perdre la matière première qui le compose. Un emballage dit recyclable devrait répondre aux critères suivants :
– Être produit à partir d’une matière dont la filière de recyclage est mature aujourd’hui : le verre, le papier–carton, l’aluminium et l’acier ou encore certains types de plastiques. A l’inverse certains types de plastiques biosourcés, comme le PLA, ne sont pas reconnus aujourd’hui en centre de tri en France, et ne bénéficient pas de filière de recyclage post-centre de tri.
– Être composé d’un seul matériau : plus un emballage est composé d’un seul matériau, et plus celui-ci sera correctement valorisé dans le processus de recyclage et de régénération. Dans le cas inverse, le risque est que seul le matériau majoritaire, ou le mieux valorisable, soit privilégie au détriment du ou des autres matériaux.
– Être suffisamment grand pour être valorisé : les emballages trop petits passent au travers des mailles des équipements en centre de tri et ne sont pas recyclés. Ce sont « les fines ». Exemple : le bouchon de la bouteille d’eau en plastique, s’il n’est pas vissé sur la bouteille, ne sera pas valorisé avec la filière des plastiques en PEHD. Un équilibre reste à trouver entre un emballage suffisamment grand pour être recyclé et une consommation minimisée de matières premières.
De nouveaux emballages « compostables » font leur apparition sur le marché. Leur intérêt est de pouvoir être traités comme des biodéchets. Cependant, leur grande majorité n’est biodégradable que dans le cadre d’un compost industriel, qui n’est pas accessible à tous. De plus, si l’emballage compostables est jeté avec les autres emballages recyclables, il sera acheminé en centre de tri et non au compost. Il finira sa course avec les refus du centre de tri : en incinération ou en enfouissement. Enfin, quand bien même cet emballage serait jeté avec les biodéchets et acheminé vers un exutoire de compostage ou de méthanisation, les conditions de dégradation de ces matériaux ne sont pas toujours optimales. A noter également qu’ils n’améliorent en rien la qualité d’un compost, ils sont « neutres ». Sachez enfin que le label Home Compost assure qu’un produit est biodégradable dans un compost à domicile et dans une période de 6 mois. L’emballage peut alors être valorisé sans devoir passer par le compostage industriel.
Le choix de la matière première
L’origine de la matière première détermine si des ressources sont prélevées de la nature, et si la production de l’emballage participe à leur dissipation. Il faut alors considérer le matériau qui sera employé selon l’impact qu’il a sur l’environnement et privilégier :
– Les matériaux recyclés qui ne nécessitent pas ou peu de prélèvements de matières premières.
– Les matériaux issus de ressources renouvelables qui pourront se régénérer et dont l’impact en termes de dissipation des ressources est amoindri.
De nombreuses matières « biosourcées » voient le jour. Bien qu’elles présentent un avantage quant à la matière première utilisée, car elle est souvent renouvelable, elles ne trouvent pas encore leur place dans les processus de recyclage. Leur valorisation n’est pas possible et la matière est perdue car les emballages sont envoyés en décharge.
La sensibilisation des consommateurs
Enfin, la production d’un emballage parfaitement recyclable n’aurait pas de sens sans la sensibilisation du public. Elle sert un double objectif :
– Assurer que l’emballage soit jeté dans la bonne poubelle et qu’il puisse ainsi être valorisé : les consommateurs doivent bénéficier de toutes les informations pour faire le bon geste de tri.
– Permettre une prise de conscience : encourager le tri, c’est inciter le consommateur à interroger ses modes de consommation.
2/ Bulletin scolaire des néo-emballages :
8.5/20 – Le biosourcé Emballage Magazine | Composition : 3/5 |
Composition : 4/5 | 9.5/20 – Le biodégradable Swisspac France |
12/20 – Le compostable L’emballage écologique | Composition : 4/5 |
Composition : 5/5 | 18/20 – Le comestible Le Parisien |
18/20 – Le recyclé LSA Conso | Composition : 4/5 |
Composition : 4/5 Text | 5/20 – Le “design” |
18/20 – Le réutilisable Andros | Composition : 3/5 |
Composition : 5/5 | 20/20 – L’emballage inexistant Antoine Fruits & Légumes |
0/20 – Celui que l’on aurait préfére ne jamais voir | Pas besoin de précisions pour affirmer que cet emballage est inutile |
– Il n’y a pas d’emballage parfait seulement des emballages aux impacts plus ou moins réduits –
Les alternatives comme le vrac ou la consigne, qui proposent de réduire drastiquement les emballages, sont les plus avantageuses pour notre environnement. Elles permettent de préserver de grandes quantités de matières premières tout en réduisant les émissions de CO2.
Encore en développement, on ne peut pas en profiter partout. Alors, face à un emballage, le maître-mot est : sobriété ! L’ensemble du cycle de vie est à considérer. La priorité est donnée à un emballage réduit et simple, ensuite à sa recyclabilité et enfin à la matière première dont il est composé.