Matériel de gestion des déchets : les indispensables avant de s’équiper
Avant d’investir dans des équipements, une entreprise doit impérativement comprendre quels déchets elle produit, où, et en quelle quantité. Cette phase de diagnostic souvent sous-estimée conditionne directement la pertinence dans les choix à deux niveaux :
- la pré-collecte : les équipements utilisés au plus près des zones de production des déchets (corbeilles, bacs de tri, poubelles)
- la collecte: les équipements destinés au regroupement et à l’enlèvement des déchets (conteneurs, bennes, colonnes…)
Une mauvaise lecture des flux et du fonctionnement de l’établissement conduit presque systématiquement à des équipements surdimensionnés, sous-utilisés ou inefficaces.
Dans cet article, découvrez les leviers pour choisir un matériel déchets réellement adaptés à vos besoins et à vos contraintes terrain.
Identifier les différentes typologies de déchets
Chaque typologie de déchets implique des contraintes spécifiques de tri, de sécurité, de stockage et de valorisation. Avant tout choix de matériel, il s’agit donc de :
- Recenser l’ensemble des déchets produits sur site ;
- Localiser précisément les zones de production et les points de regroupement.
Concrètement, cela revient à passer en revue tous les espaces de l’établissement et à en tirer une cartographie des flux. C’est sur cette base que le dimensionnement du matériel — pré-collecte comme collecte — pourra être réalisé de manière fiable.
Quantifier et dimensionner le matériel déchets
Une fois les flux identifiés, il faut quantifier la production pour choisir des équipements adaptés en nombre et en capacité. L’objectif est de sélectionner des contenants suffisamment grands pour éviter les débordements, sans suréquiper inutilement les espaces.
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Pour les équipements de collecte, les conteneurs existent en plusieurs formats, généralement de 120 L à 1 100 L, et jusqu’à 35 000 L (pour les bennes fermées). Les formats compacts sont à privilégier dans les environnements contraints ou à faibles volumes, tandis que les grandes capacités sont mieux adaptées aux sites générant des flux importants et réguliers.
💡 À titre indicatif, un bac 240 L vidé deux fois par semaine absorbe environ 30 kg de Déchets Assimilables aux Ordures Ménagères (DAOM) par semaine. Un bac 1 100 L dans les mêmes conditions en absorbe environ 140 kg. Le nombre et le format des bacs sont ensuite à ajuster selon l’espace disponible et l’organisation du site.
La finesse du tri est également déterminante pour certains matériaux, notamment les métaux. Mélanger différents types de métaux dans une même benne réduit leur valeur de reprise. À l’inverse, un tri séparant, par exemple, l’acier, la fonte ou l’inox permet d’optimiser significativement le prix de rachat.
Installer son matériel de gestion des déchets
Le choix des équipements doit s’intégrer dans la réalité terrain de l’entreprise. Un matériel mal adapté ou mal implémenté à l’environnement peut rapidement devenir contre-productif.
Pré-collecte : accessibilité, praticité et hygiène
Une bonne implantation repose sur l’observation des usages réels : où les déchets sont-ils générés ? Quelle distance les utilisateurs sont-ils prêts à parcourir pour trier ? Où s’accumulent-ils ?
La gestion des déchets doit s’intégrer naturellement à l’activité, sans la perturber. Cela implique d’analyser les zones de production de déchets afin de limiter les déplacements inutiles et de s’adapter aux besoins réels ainsi qu’aux petits espaces. Pour autant, certains points de pré-collecte peuvent être mutualisés.
💡 Par exemple, dans les bureaux, des points de tri partagés, visibles et regroupés, sont plus efficaces que des corbeilles individuelles. Ils incitent davantage les utilisateurs à respecter les consignes, contrairement à des corbeilles individuelles souvent utilisées sans distinction et éparpillée dans les bureaux.
A quelle fréquence vider son matériel de pré-collecte ?
Pour éviter les nuisances et les débordements, la fréquence optimale pour vider les bacs de pré-collecte au local déchets dépendra de différents facteurs :
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Le type de déchets
Les flux humides, odorants ou dangereux (biodéchets, déchets sanitaires) nécessitent des rotations fréquentes pour limiter odeurs, risques d’hygiène et nuisibles. Les matières sèches (papier, emballages) tolèrent un rythme plus espacé.
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Le volume généré quotidiennement
Plus la production de déchets est importante, plus les rotations internes doivent être régulières afin d’éviter la saturation des bacs. Des contenants pleins favorisent en effet les erreurs de tri, les utilisateurs ayant tendance à déposer leurs déchets dans un autre bac disponible, même s’il ne correspond pas au bon flux.
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Les contraintes sanitaires et de sécurité
Le choix des équipements doit garantir la sécurité des personnes et des installations.
La première vigilance concerne donc les déchets dangereux, qui sont soumis à des réglementations strictes notamment des contenants homologués, étanches et sécurisés, ainsi que des zones de stockage ventilées.
Par ailleurs, dans les cuisines, l’établissement doit intégrer le principe de la marche en avant (HACCP) afin d’éviter toute contamination croisée. Les locaux sont aménagés, de telle façon que les aliments destinés à la consommation et le matériel propre n’entrent jamais en contact avec des produits sales ou déchets.
Enfin, pour éviter tout risque d’incendie ou d’incident, les déchets ne doivent pas être stockés à proximité de zones sensibles (ex : tableaux électriques ou issus de secours). Par conséquent, il est recommandé de valider l’implantation du matériel avec le responsable QHSE ou de sécurité du site.
Collecte : espace, circulation et enlèvement
Les espaces disponibles à la gestion des déchets sont souvent limités dans les établissements. C’est pourquoi nous préconisons d’anticiper dès l’ouverture de l’établissement, en prévoyant un local déchets suffisamment adaptés aux volumes produits.
Par ailleurs, le local déchets doit être facilement accessible, aussi bien pour les équipes internes qui viennent y déposer les déchets depuis les zones de pré-collecte, que pour les prestataires de collecte qui interviennent pour l’enlèvement.
A quelle fréquence faire enlever son matériel de collecte ?
De la même manière que pour le matériel de collecte, la fréquence d’enlèvement dépendra du type de déchets, du volume généré et des contraintes sanitaires.
💡A noter qu’un bon taux de remplissage est généralement autour de 80 à 90 %. En deçà, la collecte est trop fréquente et génère des coûts inutiles. Au-delà, on s’expose à des débordements, des problèmes d’hygiène et des risques de non-conformité.
La fréquence d’enlèvement n’est pas figée : elle peut être ajustée à tout moment, notamment en cas d’évolution des volumes de déchets ou d’un dimensionnement initial inadapté.
Typologie de déchets, volumes, contraintes terrain, risques et réglementation : autant de paramètres qui doivent être intégrés pour éviter les erreurs de dimensionnement. Un diagnostic en amont permet d’aligner à la fois le choix du matériel et l’organisation de la prestation déchets sur les besoins réels de l’établissement.
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Point de départ dans la démarche, le diagnostic vous permet d’avoir une vision globale de la gestion des déchets dans votre établissement.