Le recyclage des huiles lubrifiantes ou industrielles
Flux de déchet
Le recyclage des huiles lubrifiantes et industrielles (LUB)
Les huiles lubrifiantes et industrielles sont omniprésentes dans les ateliers, les sites de production et les environnements mécaniques. Une fois utilisées, elles deviennent rapidement des déchets dangereux, pouvant contenir des hydrocarbures, métaux lourds ou polluants divers.
Chaque année en France, plus de 200 000T d’huiles usagées sont collectées et orientées vers des filières spécialisées, principalement pour être régénérées. Une bonne gestion sur site est essentielle : elle conditionne la recyclabilité des huiles et réduit fortement les risques environnementaux.
De quel déchet parle-t-on ?
Il s’agit des huiles minérales ou synthétiques utilisées pour lubrifier, refroidir, transmettre de l’énergie ou protéger des équipements : huiles moteurs, huiles hydrauliques, huiles industrielles pour engrenages, turbines, compresseurs, fluides multifonctionnels, etc.
Lorsqu’elles deviennent usagées, elles se chargent d’impuretés ou se dégradent chimiquement. Elles sont alors classées déchets dangereux et ne peuvent pas être simplement jetées : leur gestion requiert des filières spécialisées..
Les LUB doivent ainsi être collectées séparément, sans contact avec l’eau, les solvants ou d’autres déchets liquides. La qualité du tri conditionne directement leur valorisation, notamment la possibilité de les régénérer.
Quel est le cadre réglementaire ?
Les huiles usagées sont soumises à une réglementation stricte :
stockage obligatoire dans des contenants étanches, correctement identifiés, en rétention ;
interdiction de les mélanger entre elles lorsque les caractéristiques diffèrent, ou avec d’autres déchets industriels ;
collecte par un opérateur autorisé et traçabilité via un bon d’enlèvement ;
obligation d’orienter les huiles prioritairement vers la régénération, lorsque leur qualité le permet.
Une filière REP dédiée aux huiles existe depuis 2022. Elle ne modifie pas les obligations du détenteur mais organise et finance une partie de la collecte et du traitement. Pour les entreprises, la REP se traduit surtout par une collecte sans frais, à condition de respecter les règles de stockage et de tri.
L’éco-organisme agréé pour cette filière est CYCLEVIA, dont l’agrément court jusqu’au 31 décembre 2027.
Par ailleurs, des objectifs sont fixés dans le cahier des charges : les cibles de collecte et de régénération doivent augmenter respectivement de 50 à 57% et de 75% à 90% d’ici 2027.
Tri, collecte et recyclage : comment optimiser la gestion en entreprise ?
La gestion des huiles usagées en atelier automobile repose sur un tri rigoureux, un stockage propre et une coordination efficace avec les collecteurs agréés.
Tri & séparation
Pour permettre la régénération, les huiles doivent rester homogènes et exemptes de polluants. Il est donc important de séparer les différentes huiles, de ne jamais ajouter d’autres liquides (eau, liquide de frein, carburants, solvants, détergents…) et de bien utiliser des contenants identifiés et étanches (fûts, bacs pompables, cuves).
Optimiser le stockage sur site
Un stockage propre limite les risques de pollution accidentelle et facilite l’intervention du collecteur. Cela implique par exemple une zone abritée pour éviter l’entrée d’eau et facile d’accès et des contenants fermés et l’absence de déchets solides ou poussières autour du point de collecte.
Un déclenchement des collectes avant le remplissage complet (≈ 70–80 %) est recommandé pour éviter les débordements et assurer un pompage efficace.
Afin de limiter les problèmes de sécurité, il est important d’encadrer et d’indiquer clairement les zones de stockage et de vérifier régulièrement les contenants et les écoulements (risque de glissade), le tout avec les équipements de protection nécessaires.
Le double échantillonnage obligatoire
Lors de la collecte, un échantillonnage est systématiquement réalisé pour analyser humidité, chlore et polluants, avec un double prélèvement : un pour le collecteur, un conservé par l’entreprise.
Les résultats conditionnent la prise en charge gratuite et l’orientation vers la régénération.
Les non-conformités les plus courantes : eau > 5 %, chlore trop élevé, présence de solvants ou carburants.
Les avantages de gestion au travers de la filière REP
Cyclevia simplifie la gestion des collectes grâce à une plateforme centralisée : demandes d’enlèvement, suivi des tournées et accès immédiat aux documents. Cette plateforme est également connectée à Trackdéchets pour plus de traçabilité et un suivi des BSD dématérialisés.
Quelle revalorisation pour les huiles usagées?
Les huiles usagées collectées peuvent être revalorisées de plusieurs manières.
La régénération est la solution la plus vertueuse : ce procédé permet de retraiter les huiles pour retrouver leurs propriétés initiales et produire une base de qualité équivalente à une huile vierge.
Lorsque la régénération n’est pas possible, les huiles peuvent être orientées vers d’autres formes de recyclage ou de valorisation énergétique.
Le recyclage des batteries
Flux de déchet
Batteries : comment les recycler ?
En 2023, 349 000 tonnes de batteries ont été mises sur le marché en France. Le nombre d’objets fonctionnant sur batterie ne cesse d’augmenter – smartphones, outils, jouets, véhicules… – pour faciliter notre quotidien.
Pourtant, près d’une batterie sur cinq (18 %) finit encore dans les ordures ménagères, échappant ainsi aux filières de recyclage et représentant un risque environnemental important.
De quel déchet parle-t-on ?
Les batteries (ou accumulateurs) stockent et restituent de l’énergie électrique. Elles contiennent des métaux lourds et des substances chimiques dangereuses (plomb, nickel, lithium, cobalt, etc.), qui polluent les sols et les eaux.
Classées comme déchets dangereux, elles sont néanmoins riches en métaux précieux (cuivre, manganèse, cobalt, nickel, lithium, etc.), qui en font une ressource secondaire.
Leur recyclage permet non seulement de réduire les impacts environnementaux liés à leur élimination et mais aussi à l’extraction de nouvelles ressources.
Quel est le cadre réglementaire et quels objectifs ?
Depuis sa création en 1999, le filière batterie a connu plusieurs évolutions majeures. Depuis le 18 août 2025, elle est encadrée par le règlement européen UE 2023-1542 du 12 juillet 2023, qui s’applique à tous les types de batteries et fixe des exigences communes pour leur mise sur le marché, leur traçabilité et leur fin de vie.
Les 5 catégories de batterie :
Batteries portables (<5kg)
Batteries de moyens de transport légers
Batteries industrielles (>5kg)
Batteries de démarrage ou éclairage automobile (SLI)
Batteries de véhicule électrique ou hybride (VEH)
Si une batterie peut appartenir à plusieurs catégories, elle est classée dans celle ayant les exigences les plus strictes.
Les nouveauté du règlement :
- Des normes plus exigeantes en matière de durabilité, sécurité et recyclabilité.
- Une meilleure information du consommateur grâce à un étiquetage obligatoire.
- L’affichage de l’empreinte carbone des batteries.
- La mise en place d’un passeport numérique pour assurer le suivi de chaque batterie tout au long de sa vie.
Les grands jalons à retenir :
Objectifs de recyclage des batteries :
| Catégories de batteries | Au plus tard le 31/12/25 | Au plus tard le 31/12/30 |
| Batterie au plomb | 75 % | 80 % |
| Batteries au lithium | 65 % | 70 % |
| Batteries Nickel-cadmium | 80 % | 80 % |
| Autres catégories | 50 % | 50 % |
Objectifs de valorisation des métaux :
| Type de métaux | Au plus tard le 31/12/25 | Au plus tard le 31/12/31 |
| Cobalt | 90 % | 95 % |
| Cuivre | 90 % | 95 % |
| Plomb | 90 % | 95 % |
| Lithium | 50 % | 80 % |
| Nickel | 90 % | 95 % |
Quels sont les moyens de collecte disponibles ?
Les points de collecte
Pour une gestion responsable des batteries, tous les points de vente qui en assurent la commercialisation sont tenus de reprendre gratuitement les batteries usagées. Vous pouvez ainsi les déposer dans :
- Les enseignes de distribution alimentaire, de bricolage ou d’électronique,
- Les déchetteries municipales,
- Certains lieux publics (mairies, administrations, établissements scolaires, entreprises…).
👉 Trouver un point de collecte près de mon établissements.
Les éco-organismes
Dans le cadre de la filière à Responsabilité Élargie du Producteur (REP), la collecte des batteries usagées est pilotée par deux éco-organismes agréés :
- Ecosystem (qui a fusionné avec Corepile)
- Batribox (ancien Screlec)
Ces organismes peuvent également organiser des collectes ponctuelles auprès des structures disposant de volumes importants.
Une fois collectées, les batteries sont ensuite centralisées puis orientées vers des installations de traitement agréées.
Secteurs concernés par le recyclage des batteries
Automobile
Santé
Grande distribution
Les activités de bureau
Hôtels
Besoin d'aide pour collecter vos batteries ?
Take a waste peut vous aider !
Le recyclage des pneus
Flux de déchet
Quelle valorisation pour les pneus usagés ?
Les pneumatiques usagés représentent un flux majeur de déchets pour les professionnels de l’automobile. Leur collecte et leur traitement sont strictement encadrés par la filière REP, active depuis 2004.
Grâce à ce dispositif, la quasi-totalité des pneus en fin de vie est collectée et dirigée vers des filières de réemploi, de recyclage ou de valorisation énergétique.
Une bonne gestion garantit la conformité réglementaire et contribue à réduire l’impact environnemental de votre activité.
De quoi parle-t-on?
Les pneumatiques sont utilisés sur tous types de véhicules : voitures particulières, poids lourds, engins agricoles ou de chantier, deux-roues, voire avions.
Lorsqu’ils sont usés ou remplacés, ils deviennent des déchets spécifiques du fait de leur volume, de leur composition (caoutchouc, acier, fibres) et des risques liés à un stockage inapproprié.
Ils sont soumis en France à une filière REP (Responsabilité Élargie du Producteur) depuis 2004, qui organise leur collecte et leur valorisation.
Que dit la réglementation ?
Depuis la loi AGEC, la filière est soumise à un nouveau cadre :
Trois éco-organismes sont agréés depuis le 1er janvier 2024, sous la coordination du CCCP (Comité Coordonnateur pour la Collecte des Pneumatiques), agréé jusqu’en 2028 : ALIAPUR, FRANCE RECYCLAGE PNEUMATIQUES (FRP) et TYVAL
Les producteurs et importateurs ont l’obligation de financer la collecte et le traitement des pneus qu’ils mettent sur le marché.
Les objectifs officiels sont ambitieux :
Collecte : 96 % en 2024, 97 % en 2026, 98 % en 2028.
Réutilisation : 17 % en 2024, 19 % en 2028.
Recyclage : 40 % en 2024, 42 % en 2028, dont 5 % en boucle fermée d’ici 2028.
Rechapage : 4 % pour les pneus de véhicules légers en 2024 (10 % en 2028) et jusqu’à 50 % pour les poids lourds.
NB : le rechapage est un procédé qui consiste à remplacer la bande de roulement usée d’un pneu par une nouvelle. Cela permet de prolonger sa durée de vie sans avoir à fabriquer un pneu neuf. Ce procédé est surtout utilisé pour les pneus de poids lourds, car leur carcasse est conçue pour supporter plusieurs cycles de rechapage.
Quelle valorisation possible pour les pneus usagés?
Les pneus collectés suivent plusieurs voies :
Réemploi et réutilisation : Les pneus encore utilisables peuvent être réemployés ou rechapés, surtout pour les poids lourds.
Recyclage matière : Les pneus sont broyés pour produire du granulé de caoutchouc utilisé dans les sols sportifs, les isolants ou les revêtements routiers.
Valorisation énergétique : Certains pneus sont brûlés dans des cimenteries ou des installations industrielles pour remplacer les combustibles fossiles.
Le développement du recyclage en boucle fermée (réutilisation du caoutchouc dans de nouveaux pneus) est l’un des objectifs majeurs de la filière.
Que faire de vos pneus usagés?
Seuils et conditions de collecte
Les pneus usagés doivent être remis à des collecteurs travaillant pour les éco-organismes agréés.
La collecte est gratuite pour les détenteurs professionnels dès lors que certaines conditions sont respectées : volumes suffisants, pneus conformes et correctement stockés.
En pratique, les demandes sont généralement déclenchées à partir de 20 à 50 pneus minimum, avec des délais de collecte qui se raccourcissent à mesure que le volume augmente.
Les pneus doivent être propres, non mélangés avec d’autres déchets, stockés de façon sécurisée (à l’abri, sans stagnation d’eau, sans risque d’incendie).
Le respect de ces conditions est indispensable pour bénéficier de la prise en charge sans frais.
Centres de précollecte et massification
Avant d’être traités, les pneus usagés sont souvent acheminés vers des centres de précollecte ou de massification.
Ces plateformes, réparties sur le territoire, permettent de regrouper les pneus collectés par différents détenteurs afin d’optimiser le transport et de limiter l’empreinte carbone de la filière.
Une fois centralisés, les pneus sont triés puis envoyés vers les installations de recyclage, de rechapage ou de valorisation énergétique.
Pour les professionnels, il suffit de travailler avec un collecteur agréé : celui-ci se charge de l’enlèvement et de l’acheminement vers la bonne filière. Les éco-organismes proposent des listes de collecteurs directement sur leurs sites Internet.