Gestion des déchets dans les espaces de coworking

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Gestion des déchets dans les espaces de coworking

Espaces modernes, flexibles, parfois même affichés comme éco-responsables : les coworkings cultivent une image en phase avec les attentes actuelles des entreprises et du travail hybride. Pourtant, derrière cette vitrine, la gestion des déchets ne bénéficie pas toujours de la même attention. Comment organiser la collecte des déchets malgré ce turnover permanent d’occupants, et sensibiliser des visiteurs de passage au bon geste de tri ?

 Cet article fait le point sur le cadre légal qui s’applique à votre espace partagé, et propose des solutions concrètes pour structurer durablement votre gestion des déchets.

Le cadre légal applicable aux espaces partagés

Gestionnaire ou entreprises occupantes : qui est responsable des déchets en coworking ?

Le code de l’environnement distingue le producteur de déchets, celui dont l’activité génère le déchet, du détenteur, celui qui en a la responsabilité au moment où se pose la question de sa gestion (article L541-1-1). Dans la plupart des cas, le producteur et le détenteur sont une seule et même personne (morale). Dans un espace de coworking, où plusieurs entreprises se partagent les mêmes lieux et souvent les mêmes équipements de tri, la réponse mérite d’être posée clairement.

Dans un espace de coworking, le gestionnaire est généralement responsable des déchets produits dans les espaces communs, puisqu’il met à disposition les équipements de tri et organise leur collecte.

Une entreprise occupante peut toutefois être responsable de certains déchets lorsqu’elle organise elle-même leur gestion, par exemple pour la destruction de documents confidentiels ou la reprise de matériel informatique.

Cette répartition doit être fixée dans votre règlement intérieur ou votre convention d’occupation.

Quels flux sont concernés ?

Contrairement à une idée reçue, la taille de votre coworking ne vous met à l’abri d’aucune des obligations relatives à la gestion des déchets. Le tri à la source s’applique sans seuil de quantité, y compris pour les biodéchets, obligatoires depuis le 1ᵉʳ janvier 2024 quel que soit le volume produit.

Papiers Cartons Verre Emballag Cannettes DEEE  Mobilier Mégots 

Traçabilité des déchets

Être détenteur de déchets ne s’arrête pas au tri : vous devez aussi être en mesure de prouver ce que deviennent vos déchets une fois enlevés. Sans document prouvant leur parcours, rien ne garantit qu’un déchet finisse réellement recyclé plutôt qu’abandonné ou éliminé dans des conditions non conformes. C’est pour cette raison que la loi impose, un suivi selon les flux.

Réaliser un diagnostic déchets et organiser le tri sur le terrain

Cartographier les flux et définir les points de pré-collecte et de collecte

Avant de mettre en place les équipements, vous pouvez réaliser un diagnostic déchets : quels flux, quelles quantités et dans quelles zones ? Les besoins peuvent varier entre un open space, un espace café, une salle de réunion

Cette cartographie permet de distinguer :

  • Les points de pré-collecte, situés au plus près des lieux où les déchets sont produits ;
  • Les points de collecte, où les déchets triés sont regroupés avant leur enlèvement.
tri en espace de coworking

L’objectif est de placer les équipements de manière à faciliter le tri à la source, tout en prévoyant un espace de collecte adapté aux volumes produits et aux contraintes du site.

Faut-il privilégier un prestataire unique ou un prestataire par flux ?

Confier l’ensemble de vos déchets à un seul prestataire généraliste présente un avantage évident : un contact, une facture, une organisation simplifiée. Mais cette simplicité a un coût. Remettre en concurrence les prestataires pour chaque flux généré et recourir à plusieurs prestataires présente en réalité trois avantages concrets pour votre espace.
  • Sur le plan tarifaire : pour certains flux, notamment les déchets assimilés aux ordures ménagères (DAOM) et certains emballages, la collectivité locale reste souvent l’option la plus compétitive, via la redevance spéciale. Lorsque votre collectivité ne prend pas en charge les déchets professionnels, un prestataire privé spécialisé sur ce flux propose généralement une tarification plus intéressante qu’un généraliste qui répercute sa marge sur l’ensemble de vos déchets.
  • Sur le plan du risque : dépendre d’un acteur unique vous expose davantage en cas de défaillance, de hausse tarifaire ou de dégradation de service, puisqu’aucune alternative n’est déjà en place le jour où un problème survient.
  • Sur le plan organisationnel : les prestataires spécialisés sont souvent plus flexibles sur les modalités de collecte, fréquence, volumes, contraintes d’accès, leur organisation étant justement pensée pour ces spécificités plutôt que standardisée.

Adapter le matériel de tri à chaque espace

Le matériel de tri ne peut pas être uniforme partout, car chaque zone génère des flux et des quantités différentes : un open space, un espace café ou une salle de réunion n’auront le même équipement.

Les espaces de travail partagés se heurtent souvent à une contrainte supplémentaire : celle de l’espace de stockage disponible. Le local déchets y est généralement limité en surface, parfois même mutualisé avec d’autres locataires de l’immeuble.

Dans cette situation, mieux vaut privilégier des bacs de plus petite contenance, avec une fréquence de collecte plus élevée, qu’un dimensionnement trop optimiste, impossible à caser dans l’espace réellement disponible.

espace de tri espace partagé

Réaliser un diagnostic déchets et organiser le tri sur le terrain

Pour être réellement efficace, la démarche doit être comprise, adoptée et progressivement intégrée aux habitudes quotidiennes des usagers. Dans un coworking, cette dimension est d’autant plus importante que les utilisateurs sont nombreux, que leurs pratiques peuvent varier. L’enjeu est donc de créer une culture commune du tri et de la réduction des déchets.

Sensibiliser les équipes et les visiteurs

La sensibilisation constitue le premier levier pour favoriser l’adhésion. Elle doit permettre à chacun de comprendre non seulement quoi faire de ses déchets, mais aussi pourquoi le faire. Une consigne de tri sera davantage respectée si elle est associée à un objectif concret : réduire la quantité de déchets produits, améliorer leur valorisation, limiter les erreurs de tri ou encore diminuer l’impact environnemental du site.

Les salariés chargés de l’accueil ou de l’entretien du coworking doivent être capables d’expliquer simplement les bons gestes aux utilisateurs et de répondre aux principales questions. Une courte formation peut ainsi présenter les différentes catégories de déchets présentes sur le site, les consignes de tri, les erreurs les plus fréquentes ainsi que les bonnes pratiques à adopter. Pour les nouveaux collaborateurs ou les nouveaux membres, ces informations peuvent être intégrées au parcours d’accueil afin que les règles soient transmises dès leur arrivée.

La gamification peut également contribuer à rendre la démarche plus attractive. Le coworking peut organiser des challenges entre équipes, des semaines thématiques ou des opérations de sensibilisation. Des objectifs collectifs, des indicateurs visuels ou de petites récompenses peuvent encourager la participation et créer une dynamique collective.

Challenge interne avec résultats partagés

Le suivi et la communication des quantités triées sur la semaine.

Quantités valorisées pendant la SERD

Biodéchets
Papiers / cartons
Emballages
Verre

Défi tri en équipe

Un quiz ou un jeu-concours sur les bons gestes de tri entre collègues ou entre services. Simple à mettre en place et fédérateur.

Atelier upcycling

Textile ou mobilier, ouvert aux équipes ou aux clients de l’établissement.

💡 L’objectif n’est pas de multiplier les messages, mais de rappeler régulièrement les quelques gestes essentiels.

Rendre les consignes immédiatement compréhensibles

La signalétique constitue un autre élément déterminant. Dans un espace partagé, l’usager doit pouvoir savoir immédiatement où jeter un déchet et dans quel contenant. Les poubelles doivent donc être facilement identifiables et accompagnées de consignes courtes, visuelles et homogènes.

L’utilisation d’un code couleur associé à des pictogrammes permet notamment de faciliter la compréhension. Une photographie ou un pictogramme représentant une bouteille, un emballage, une canette ou un déchet alimentaire peut être plus immédiatement compréhensible qu’une longue liste de consignes.

Harmoniser les pratiques entre espaces communs et bureaux privatifs

L’un des principaux défis des coworkings réside dans la coexistence de différents types d’espaces. Si les règles diffèrent d’une zone à l’autre, les utilisateurs peuvent rapidement adopter des comportements incohérents. Il est donc essentiel de définir un socle commun de pratiques, applicable à l’ensemble du site.

La réussite du dispositif dépend de toute la chaîne y compris des équipes de nettoyage. Les déchets triés par les usagers doivent être collectés et stockés selon une organisation cohérente afin d’éviter qu’un tri correctement effectué en amont soit annulé lors de la collecte. Les prestataires externes doivent donc être intégrés à la démarche et disposer de consignes précises.

Une démarche d’amélioration continue

Pour éviter que la sensibilisation ne s’essouffle après quelques semaines, la gestion des déchets doit devenir un élément permanent du fonctionnement du coworking. Cela implique de suivre régulièrement les résultats et d’identifier les difficultés rencontrées par les utilisateurs.

Quelques indicateurs simples peuvent être suivis : quantité de déchets résiduels produite, évolution des volumes recyclables, taux d’erreurs de tri, etc. Ces données permettent de mesurer les progrès mais aussi de repérer les points nécessitant une amélioration.

Bénéficier de réduction des coûts de collecte avec la REP Hors foyer

Une bouteille, une canette ou un gobelet consommé dans votre espace de co-working ne relève pas nécessairement du même dispositif qu’un emballage jeté au domicile.

La Responsabilité Elargie du Producteur (REP) emballages ménagers et papiers graphiques s’applique désormais également aux emballages issus de la consommation nomade lorsqu’ils sont collectés hors du service public, c’est-à-dire par un prestataire privé.

Pour les espaces de travail partagés, cela concerne notamment les bouteilles, canettes, gobelets et emballages de restauration consommés par les visiteurs sur site.

La collecte et le tri peuvent alors être pris en charge dans le cadre du dispositif de reprise « hors foyer » mis en place par les éco-organismes Citéo ou Léko, selon le département.

Ce dispositif peut permettre de réduire le coût de collecte et de gestion de ces déchets. Les modalités de prise en charge dépendent notamment du dispositif applicable et du prestataire choisi.

Vous souhaitez bénéficier de la REP hors foyer ?

Take a waste vous accompagne pour identifier les conditions à remplir et les dispositifs auxquels votre établissement peut prétendre, afin de réduire vos coûts de collecte.