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Classement hôtelier – De nouveaux critères obligatoires sur la gestion des déchets

A compter du 1er avril 2022, un nouveau classement hôtelier entrera en vigueur, qui renforce le chapitre « Accessibilité et développement durable » de l’ancien classement. En particulier, de nouveaux critères apparaissent sur la réduction à la source et le tri des déchets ! 

 

22 février 2022

1. Pourquoi de nouveaux critères ?

Publié au Journal Officiel fin 2021[1], le nouveau classement hôtelier répond d’abord à une logique de mise à jour régulière : le code du Tourisme prévoit une révision de ses critères tous les cinq ans et la dernière datait d’avril 2016. La révision de 2022 est aussi l’occasion de supprimer certains critères devenus obsolètes, comme la mise à disposition d’une radio, un lecteur DVD, une console de jeux vidéo, un fax ou une imprimante dans la chambre, un bidet dans la salle de bain, etc.[2]

Ensuite, le nouveau classement hôtelier répond à l’ambition de « faire de l’Hexagone la première destination touristique mondiale durable d’ici 2030 ». C’est l’ambition du plan « Destination France » de reconquête et de transformation du tourisme, un secteur fortement touché par la crise sanitaire. Annoncé en novembre 2021 par Jean Castex, le plan « Destination France » repose sur quatre piliers dont celui d’engager la transformation durable du secteur[3].

Les nouveaux critères répondent enfin à une attente croissante des Français en développement durable : selon le dernier baromètre C10, 74 % des Français citent au moins une dimension RSE comme critère de choix d’un établissement d’hôtellerie-restauration. En tête de liste, on retrouve l’affichage de la traçabilité des produits (86 %), le fait de privilégier des producteurs locaux (85 %), limiter le gaspillage alimentaire (83 %) et supprimer les plastiques à usage unique comme les gobelets ou les pailles (80 %)[4].

 

2. Quels sont les critères et les justificatifs attendus ?

Les critères du classement hôtelier fixent des exigences sur le niveau de confort et la qualité de service, contrôlées tous les cinq ans par un organisme de contrôle accrédité par le Cofrac[5]. Au chapitre « Accessibilité et développement durable », la section « Gestion des déchets » compte maintenant 8 critères, dont 4 sont obligatoires :

 

Critère

Statut

Points attribués

Méthode d’évaluation

Réduction des déchets

 

 

 

Mise en œuvre d’au moins une mesure de réduction des déchets

Obligatoire

2

Vérification sur place. Parmi les mesures les plus courantes : limitation de l’utilisation de portions individuelles (à l’exception des sachets de thé), utilisation de contenants comestibles ou biodégradables, utilisation de récipients lavables, réutilisables ou consignés, produits d’accueil recyclables ou rechargeables (exemple : utilisation d’un distributeur fixe de savon ou shampoing-douche dans la salle de bain), limitation de l’utilisation des emballages jetables, compostage des déchets, etc.

Mise en œuvre d’au moins une mesure supplémentaire de réduction des déchets

Optionnel

1

Les serviettes de toilette et les draps de lits sont tous lavables et réutilisables

Optionnel

3

Vérification sur place dans l’échantillon des chambres visitées. Le critère concerne le linge (draps de lit, serviettes de toilette, peignoirs, tapis de bain… à l’exclusion des alèses).

Tri et recyclage

 

 

 

Existence d’un système de tri des déchets à disposition de la clientèle

Obligatoire

2

Vérification sur place. Des conteneurs ou poubelles adaptés au tri par les clients doivent être disponibles dans un lieu accessible à la clientèle (chambres, chambres partagées, couloirs, étages, espaces communs…). L’inspecteur vérifie l’existence des poubelles dédiées au tri dans l’établissement ou les chambres ainsi que l’affichage des règles de tri.

Système de tri des déchets mis en place par l’établissement

Obligatoire

2

Vérification sur place. Les déchets doivent être triés selon les catégories, en y incluant le tri des déchets polluants ou dangereux (toners, encres, équipements électriques et de réfrigération, piles, ampoules, produits pharmaceutiques, graisses/huiles…).

Ce critère devient non applicable lorsque la collectivité ne propose pas de dispositif de collecte pour le tri des déchets[6].

Produits d’accueil

 

 

 

Présence d’au moins deux produits d’accueil écologiques dans la salle de bains

Optionnel

3

Vérification sur place. Les produits d’accueil doivent être certifiés par des labels respectueux de l’environnement. Par exemple : Ecocert, Cosmos Organic, Cosmébio, Fairtrade, Vegan, Cruelty Free, etc. Les types de produits acceptés pour valider le critère sont : shampoing, gel douche, savon, après-shampoing, crème pour le corps, etc.

Présence d’au moins un contenant écologique pour les produits d’accueil

Optionnel

3

Vérification sur place. Les produits d’accueil doivent être présentés dans des contenants écologiques (réutilisables, rechargeables, biodégradables).

Produits d’entretien

 

 

 

Utilisation d’au moins un produit d’entretien respectueux de l’environnement

Obligatoire

1

Vérification sur place. Les produits de nettoyage utilisés doivent être respectueux de l’environnement. Par exemple : savon noir, vinaigre blanc, bicarbonate de soude, etc. Si les produits sont certifiés par les labels, le critère est validé. Par exemple : Ecolabel européen, Nature & Progrès, Ecocert, Sustainable Cleaning, etc.

 

 

3. Comment passer (intelligemment) à l’action ?

Pour respecter les nouveaux critères du classement hôtelier sur les déchets, le passage à l’action est plus ou moins simple selon les rubriques :

  • Pour les produits d’accueil et d’entretien écologiques, de nombreuses solutions sont maintenant disponibles sur le marché :
    • Soit des solutions « classiques » mais labellisées : shampoing Ecocert, nettoyant multi-usage Ecolabel européen, etc.
    • Soit des solutions plus innovantes et « zéro déchet », notamment pour le ménage : produits do it yourself (comme Blue), centrales de nettoyage à l’ozone (comme Tersano) ou à la vapeur (comme Vapodil), etc.
  • Pour la réduction à la source des déchets, le travail est nécessairement plus long parce que tous les postes d’achat d’un hôtel sont concernés :
    • Voir ici notre article sur la réduction des déchets au petit-déjeuner ;
    • Voir ici et nos articles sur la réduction des plastiques dans tout un hôtel ;
  • Pour le tri des déchets, voici quelques bonnes pratiques issues de notre expérience :
    • Le tri en chambre est plus facile avec un chariot de ménage double-flux qu’avec deux poubelles de chambre[7];
    • Le tri dans les espaces communs peut être fait avec du mobilier esthétique placé à quelques endroits stratégiques de l’établissement ;
    • Le tri en local poubelles est à la fois une question de matériel (bac, roll, presse à balles, etc.) et de prestataires locaux disponibles pour collecter les déchets !

 

Sur tous ces sujets nous pouvons vous aider, n’hésitez pas à nous contacter en cas de question 😊

 

[1] Arrêté du 29 décembre 2021 fixant les normes et la procédure de classement des hôtels de tourisme

[2] https://www.gni-hcr.fr/reglementation-fiscalite/les-obligations-dans-les-hotels/revision-du-classement-hotelier

[3] Dossier de presse « Destination France »

[4] https://www.neorestauration.com/article/barometre-c10-les-francais-toujours-en-attentes-de-developpement-durable-dans-les-chr,54183

[5] https://www.classement.atout-france.fr/les-types-d-etablissement

[6] Cette restriction est regrettable pour au moins deux raisons. 1/ Dans les faits, toutes les collectivités à compétence collecte en France proposent une collecte du verre et des emballages aux ménages, mais elles ne sont pas tenues de proposer la même collecte aux professionnels (notamment les professionnels qui produisent une grande quantité de déchets) : rendre le critère du tri non applicable revient donc à favoriser les « gros producteurs », qui pourtant devraient être les premiers à faire le tri… 2/ Le tri des déchets dangereux et des « 5 flux » (papier-carton, bois, métal, plastique, verre) est de toute façon une obligation pour toutes les entreprises : rendre le critère du tri non applicable revient donc à cautionner une non-conformité réglementaire !

[7] Les poubelles de chambre représentent à l’achat un coût et une consommation de matière non négligeables, elles sont souvent peu esthétiques, généralement aussi trop petites… et si le tri est mal fait, ce n’est certainement pas aux femmes de chambre de re-trier derrière. Au contraire, si les clients sont incités à laisser leurs déchets recyclables (emballages, journaux, etc.) sur le bureau de la chambre, ces déchets pourront être facilement collectés par les femmes de chambre dans un chariot double-flux.

 

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