Décret traçabilité – Trackdéchets

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Décret traçabilité des déchets : comprendre Trackdéchets

Le décret relatif à la traçabilité des déchets impose aux entreprises de suivre leurs déchets tout au long de leur cycle de vie, notamment via la plateforme Trackdéchets et les registres réglementaires.

Le 1er janvier 2022, la règlementation sur la traçabilité des déchets évolue, avec l’obligation de tenir un registre étendu aux terres excavées et sédiments, la mise en place de registres nationaux électroniques et la dématérialisation des bordereaux de suivi des déchets dangereux.

Ces changements législatifs visent notamment à améliorer le suivi des déchets de façon générale mais également à accorder la législation française à la règlementation européenne en matière de caractérisation et de traçabilité des polluants organiques persistants (POP).

Un renforcement global des outils de traçage des déchets

La réglementation française impose désormais une traçabilité des déchets plus stricte, afin de suivre leur transport, leur traitement et leur valorisation jusqu’à l’installation finale. Ces nouvelles dispositions sont issues du décret n° 2021-321 du 25 mars 2021 relatif à la traçabilité des déchets, des terres excavées et des sédiments pris dans le cadre de la loi AGEC. 

L’extension de l’obligation de tenir un registre pour les terres excavées et les sédiments

Celui-ci prévoit notamment un élargissement de l’obligation de tenir un registre chronologique des opérations pour les personnes qui produisent, importent, exportent, traitent, collectent ou transportent des terres excavées ou des sédiments.

Ceux-ci doivent désormais être en mesure de fournir à l’administration différentes informations relatives à la quantité, la nature, l’origine ainsi que le mode de transport et de traitement de leurs déchets[2]. Ces registres doivent par ailleurs être conservés pendant au moins trois ans.

La création de registres déchets nationaux

Dès le 1er janvier 2022, de nouvelles dispositions s’appliqueront aux exploitants d’établissement de production, de transit, de regroupement et de traitement de déchets dangereux POP, ainsi qu’aux collecteurs, aux transporteurs et aux négociants de ces mêmes déchets, et enfin aux exploitants des installations d’incinération et de stockage de déchets non-dangereux non inertes.

Si jusqu’à présent, ceux-ci avaient l’obligation légale de tenir un registre chronologique de leurs activités, il est dorénavant prévu que ces informations soient transmises au Ministère de la Transition Ecologique. En effet, celui-ci tiendra à jour un « Registre national des déchets » sous la forme d’une base de données numérique. Les acteurs cités précédemment auront alors 7 jours pour transmettre par voie électronique les données constitutives de leurs registres au Ministère. De la même manière, les données relatives aux terres excavées et sédiments devront être transmises vers un registre national numérique dédié à ce type de déchets.

La digitalisation du bordereau de suivi des déchets dangereux (BSDD)

Enfin, le décret prévoit la dématérialisation des BSDD qui sont émis à la réception et à la réexpédition des déchets concernés. Ce nouveau système de gestion doit permettre une traçabilité renforcée et plus transparente grâce à un suivi étape par étape de la chaîne d’élimination de ces déchets.

Déchets dangereuxDéchets non-dangereux non-inertesTerres excavées et sédiments
Producteurs (i.e. détenteurs de déchets)Obligation de tenir à jour un registre chronologique de suivi des déchets + Emission d’un BSDD sur TrackdéchetsObligation de tenir à jour un registre chronologique de suivi des déchets + Transmission des données au registre national des déchets du MTESObligation de tenir à jour un registre chronologique de suivi des déchets + Transmission des données au registre national des terres excavées et sédiments du MTES
Transporteurs et NégociantsObligation de tenir à jour un registre chronologique de suivi des déchets + Mise à jour et complétion du BSDD sur TrackdéchetsObligation de tenir à jour un registre chronologique de suivi des déchets + Transmission des données au registre national des déchets du MTESObligation de tenir à jour un registre chronologique de suivi des déchets + Transmission des données au registre national des terres excavées et sédiments du MTES
Exploitants d’installations de stockage, d’incinération ou de traitement des déchetsObligation de tenir à jour un registre chronologique de suivi des déchets + Mise à jour et complétion du BSDD sur TrackdéchetsObligation de tenir à jour un registre chronologique de suivi des déchets + Transmission des données au registre national des déchets du MTESObligation de tenir à jour un registre chronologique de suivi des déchets + Transmission des données au registre national des terres excavées et sédiments du MTES

La plateforme Trackdéchets : le nouvel outil de suivi des déchets dangereux

C’est donc la plateforme Trackdéchets qui signera la fin des BSDD à partir de 2022. Gérée par les pouvoirs publics et actuellement en phase de déploiement, cette base de données numérique doit permettre d’interconnecter tous les acteurs de la chaîne, du producteur à l’exploitant du centre de traitement en passant par le transporteur, et ce en digitalisant le processus de signature. La plateforme fait également office de registre de suivi des déchets en conservant les données.

Pour quels types de déchets ?

Pour le moment, l’utilisation de Trackdéchets est opérationnelle pour les déchets dangereux classiques tels que les combustibles liquides, les peintures et vernis, les solvants organiques ou encore les piles et batteries. Au 1er janvier prochain, la plateforme sera également opérationnelle – et obligatoire – pour le suivi des déchets de soins à risques infectieux (DASRI), des fluides frigorigènes, des véhicules hors d’usage (VHU) et de l’amiante.

Qui est concerné par Trackdéchets ?

Tous les acteurs de la chaîne de valeur des déchets dangereux devront passer par Trackdéchets, que ce soit via un compte propre ou bien en interconnectant leur logiciel de gestion interne à la plateforme. Ainsi, il n’y a pas de risque d’un dédoublement du travail de saisie et d’enregistrement des données. Concrètement, ce bordereau sera émis par les personnes qui produisent, collectent ou transforment des déchets dangereux. Une fois créé, il devra être mis à jour et complété tout au long de la chaîne d’élimination du déchet, par les transporteurs puis par les opérateurs des centres de traitement.

Certaines exceptions seront faites, notamment pour les ménages, ainsi que pour les huiles usagées remises à des ramasseurs agrées, pour les VHU remis à un centre de traitement agréé, pour les transferts transfrontaliers de déchets et enfin lorsque les déchets sont remis à un éco-organisme.

Des BSDD dématérialisés pour une traçabilité renforcée

Ce processus dématérialisé permet un suivi facilité à la fois pour les acteurs des déchets dangereux mais aussi pour les pouvoirs publics. En effet, ce ne sont pas moins de 16 millions de BSDD papiers qui sont émis chaque année en France[3]. Les risques de falsification de ces BSDD papiers sont donc importants et de fait, de nombreuses inadéquations existent entre les données officielles issues des centres de production et de traitement et les pratiques observées qui font état de fraudes et de traitements inadaptés. L’enjeu est donc de limiter la propagation de nouveaux sites orphelins qui stockent les déchets dangereux sans surveillance particulière et surtout sans perspectives de traitement. Il s’agit donc pour l’État d’une véritable question de préservation de l’environnement et de santé publique.

La dématérialisation des BSDD doit donc permettre un suivi simplifié et transparent via la réalisation de contrôles de cohérence sur la conformité réglementaire des intervenants ainsi qu’une économie de temps sur la gestion des bordereaux pour les acteurs de la chaîne.

💡 La plateforme Take a Waste peut être connectée à Trackdéchets afin de récupérer automatiquement les informations liées aux bordereaux de suivi des déchets dangereux. Cette connexion permet de centraliser les données de traçabilité des déchets et de simplifier le suivi réglementaire dans un tableau de bord unique.

La solution de la dématérialisation appliquée à d’autres secteurs ?

La question d’une extension de la digitalisation du système de traçabilité se pose également pour d’autres types de déchets. Le besoin d’un dispositif national centralisé pour le suivi des déchets se fait particulièrement ressentir dans le secteur du bâtiment, et notamment dans la filière des déchets de chantier qui représentent 10 millions de tonnes par an avec un taux de valorisation s’élevant à 35% selon l’ADEME. En effet, la règlementation concernant la traçabilité des déchets évolue également dans ce secteur au 1er janvier 2022 sans pour autant proposer de solution digitalisée et globale à l’image de Trackdéchets.

Vous avez besoin de plus de conseils sur la gestion de vos déchets ?

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