Le recyclage du polystyrene expansé (PSE)
Flux de déchet
Le recyclage du polystyrene expansé
Le polystyrène se présente sous plusieurs formes mais le polystyrène expansé (PSE), que l’on reconnaît à sa structure alvéolaire blanche et légère, est le plus répandu dans les activités professionnelles.
Emballages de protection, caisses marées, calages techniques, isolants de chantier : le PSE est omniprésent. Sa gestion en fin de vie reste pourtant l’un des flux les plus complexes à orienter correctement, entre filières de collecte morcelées, contraintes logistiques spécifiques et réglementation en pleine évolution.
De quel déchet parle-t-on ?
Le PSE est fabriqué à partir de billes de polystyrène expansées à la vapeur, composées à 98 % d’air. Sa structure alvéolaire lui confère plusieurs propriétés recherchées en emballage : rigidité et résistance à la compression, légèreté (15 à 30 kg/m³), capacité d’absorption des chocs, et une bonne aptitude au moulage sur mesure pour caler des pièces complexes.
C’est pourquoi il s’est imposé pour la protection de l’électroménager, de l’électronique, des pièces industrielles et le conditionnement agroalimentaire (caisses marées, barquettes). Il est également très présent comme matériau d’isolation thermique dans le bâtiment.
En France, le polystyrène représente environ 7 % de la consommation totale de matières plastiques, avec une production nationale d’environ 370 000 tonnes en 2022 (source : PlasticsEurope), chiffre qui inclut le PSE utilisé en isolation thermique dans le bâtiment. Pour les seuls emballages professionnels, Twiice estime à environ 55 000 tonnes la quantité de PSE mise sur le marché chaque année en France.
Deux caractéristiques pénalisent sa gestion en fin de vie :
- Sa faible densité rend le transport non compacté économiquement coûteux (on transporte de l’air).
- Sa fragmentation en microparticules en fait un polluant persistant des sols et milieux aquatiques.
💡À noter : les emballages en PSE doivent être déposés dans le bac jaune au même titre que les autres emballages plastiques. En pratique, ils génèrent cependant un taux de refus élevé en centre de tri, faute d’équipements adaptés au traitement de ce matériau dans la majorité des installations. Pour les entreprises produisant des volumes significatifs, contractualiser avec un prestataire dédié est la seule façon de garantir un recyclage effectif du PSE
Quel est le cadre réglementaire ?
Les interdictions déjà en vigueur
La directive européenne 2019/904 relative aux plastiques à usage unique, transposée en droit français par la loi AGEC, interdit depuis le 1er juillet 2021 la mise sur le marché de contenants alimentaires, gobelets et couvercles en PSE à usage unique dans la restauration.
La REP emballages professionnels : un changement majeur
Jusqu’à 2026, les metteurs en marché d’emballages professionnels n’étaient pas soumis à une filière REP : aucun éco-organisme dédié n’existait pour ce flux. De leur côté, les entreprises détentrices de ces déchets étaient déjà soumises à une obligation de tri et d’orientation vers des filières de recyclage, sans soutien financier structuré pour y parvenir.
La donne change avec l’entrée en vigueur de la REP Emballages professionnels (EPRO), au 1er juillet 2026. Les metteurs en marché d’emballages en PSE destinés à des professionnels (pour le transport, la vente, le regroupement ou parce qu’ils sont d’une taille spécifique) devront adhérer à l’un des trois éco-organismes agréés (Citeo Pro, Leko et Twiice) et payer une éco-contribution qui financera la collecte et le recyclage. Les détenteurs de déchets verront ces soutiens financiers déduits de leurs factures de collecte, le plastique bénéficiant de soutiens plus importants que les autres matériaux.
Plus d’infos sur les différents types d’emballages professionnels dans notre article dédié
Comment optimiser le tri et la collecte du polystyrène ?
Le prérequis du recyclage du PSE est la séparation des autres flux afin de ne pas déclasser le gisement de matière : autres plastiques, déchets organiques, colles et peintures.
Pour contrer la problématique de coût logistique des collectes, il existe des leviers opérationnels selon les volumes de PSE générés :
Compactage sur site
Un compacteur PSE permet de réduire le volume jusqu’à 90 % et rend le flux logistiquement viable. Un volume suffisant est nécessaire pour rentabiliser l’investissement de la machine. Des opérateurs nationaux ou régionaux peuvent alors reprendre le PSE compacté, parfois en rachat de la matière.
Collecte mutualisée
Pour les gisements trop faibles, le regroupement entre entreprises d’une même zone permet d’atteindre le seuil minimal de rentabilité pour une tournée dédiée. L’initiative en Bretagne soutenue par Twiice est un exemple de projet visant à mutualiser ces flux.
Points de dépôt spécialisés
Pour les très petits volumes, certaines déchèteries professionnelles ou collecteurs régionaux disposent de bennes ou contenants dédiés au PSE compacté.
Que devient le polystyrène recyclé ?
Le PSE est techniquement recyclable à 100 %. La voie principale est la densification mécanique : les blocs sont comprimés pour atteindre une densité de 200 à 400 kg/m³. Le lingot obtenu est ensuite réintégré dans la fabrication de nouveaux produits : panneaux isolants, cadres de fenêtres, nouveaux emballages.
Malgré cette recyclabilité technique, seulement 33 % des emballages PSE sont recyclés en France (source : CREA-STYR/Elipso). Les principaux freins sont :
- Le coût de collecte : sans compactage préalable, transporter du PSE vrac revient à transporter de l’air. Le flux est structurellement déficitaire pour les collecteurs, sauf lorsque les volumes sont suffisants pour rentabiliser une tournée dédiée.
- La rareté des collecteurs équipés pour le PSE vrac, hors grandes zones industrielles.
- La contamination des gisements (résidus alimentaires, colles, peintures) qui déclasse la matière.
- La méconnaissance des filières, qui pousse encore de nombreuses entreprises à orienter le PSE vers l’incinération ou l’enfouissement faute d’alternative identifiée.
Comment réduire la production de déchets PSE à la source ?
La meilleure façon de gérer un déchet PSE reste de ne pas en produire.
Plusieurs substituts ont atteint une maturité industrielle permettant de remplacer le PSE dans la majorité des usages d’emballage :
• Calage carton (cannelure alvéolaire, nid d’abeille) : économique, recyclable dans la filière carton, adapté à la plupart des produits.
• Papier kraft et papier froissé : adoptés massivement dans le e-commerce et la logistique.
• Coussins d’air et films bullés recyclables : une solution de transition pour les flux difficiles à convertir immédiatement, bien qu’ils restent des plastiques avec des enjeux environnementaux proches.
La substitution requiert souvent une démarche d’éco-conception de l’emballage à conduire avec les fournisseurs et les équipes logistiques.
Focus sur les caisses marées
Dans le cas particulier des caisses marées, le PSE reste dominant : selon une étude FranceAgriMer de 2024, 35k tonnes de PSE entrent chaque année dans la filière aquatique française, dont seulement 46 % sont recyclées. Ses propriétés isothermes et sa résistance à l’humidité en font un contenant difficile à substituer.
Des caisses réemployables en plastique rigide (PEHD, PP) existent et se déploient dans certaines criées et filières courtes. Leur pertinence est cependant conditionnée à la distance géographique et aux exigences de la chaîne du froid : le retour à vide, le lavage et la redistribution génèrent des impacts pouvant dépasser ceux d’une caisse PSE recyclée sur les circuits longs.
À cela s’ajoute une contrainte sanitaire : le transport des caisses usagées souillées en même temps que des denrées alimentaires est aujourd’hui difficile à mettre en œuvre réglementairement, ce qui complexifie la logistique de retour, en particulier pour les petits volumes.
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Le recyclage des déchets verts
Flux de déchet
Le recyclage des déchets verts
Selon l’ADEME, les déchets verts collectés en France atteignent 5,7 millions de tonnes par an, un volume en hausse de 21 % en dix ans. Pour les entreprises paysagistes ou tout établissement disposant d’espaces verts importants, leur gestion est une obligation réglementaire. Mal gérés, ces résidus végétaux peuvent représenter un poste de coût significatif.
De quel déchet parle-t-on ?
Les déchets verts — aussi appelés déchets végétaux — désignent l’ensemble des résidus issus des activités d’entretien et d’aménagement des espaces verts. Ils se répartissent en quatre grandes catégories selon leur nature et leur composition :
- Tontes de pelouses : déchets à forte teneur en eau, riches en azote, à composter rapidement pour éviter la fermentation.
- Feuilles mortes : déchets cellulosiques, volumineux à la collecte mais facilement compostables.
- Tailles d’arbustes, haies et brindilles : déchets ligno-cellulosiques, souvent fragmentés avant traitement (broyage, paillage).
- Élagage et abattage d’arbres : déchets ligneux de fort calibre, valorisables en bois-énergie ou en broyat.
Ces déchets sont produits au quotidien par deux grandes familles d’acteurs :
Les entreprises paysagistes génèrent des volumes importants, variables selon la saison, sur des chantiers souvent multisites. La gestion des déchets verts représente pour elles un enjeu logistique, réglementaire et financier de premier ordre.
Les entreprises disposant de grands espaces verts — parcs d’activités, hôtels, établissements de santé, grandes surfaces — font face à des coûts de gestion croissants et ont des obligations à respecter, sans toujours disposer des connaissances ou process adaptés.
💡À noter : les déchets verts font partie de la grande famille des biodéchets, au même titre que les déchets alimentaires. À ce titre, ils sont soumis aux mêmes obligations de tri à la source depuis le 1er janvier 2024.
Quel est le cadre réglementaire ?
Conformément à la loi AGEC et au droit européen (Directive-cadre déchets 2008/98/CE), le tri à la source des biodéchets — dont les déchets verts — est obligatoire pour tous les professionnels et particuliers depuis le 1er janvier 2024. Concrètement, cela signifie que toute entreprise produisant des déchets verts ne peut plus les mélanger avec ses ordures ménagères résiduelles (OMR). Elle doit les orienter vers une filière de valorisation matière (compostage ou méthanisation).
L’interdiction du brûlage à l’air libre et des dépôts sauvages
Le brûlage des déchets verts est interdit en France pour les particuliers comme pour les professionnels (article L. 541-21-1 du Code de l’environnement et arrêtés préfectoraux locaux). Cette pratique génère des émissions polluantes néfastes pour la santé et l’environnement, et constitue une cause fréquente de feux de forêt. Les contrevenants et en particulier les professionnels s’exposent à des amendes importantes en cas de manquement caractérisé.
L’abandon de déchets verts sur la voie publique, en milieu naturel ou sur un terrain non autorisé est passible d’une amende de 1 500 € minimum, pouvant aller jusqu’à 75 000 € et deux ans d’emprisonnement pour les personnes morales.
Traçabilité et registre des déchets
Les entreprises soumises à un registre de suivi des déchets doivent y faire figurer les collectes de déchets verts. Pour les entreprises paysagistes, chaque chantier doit pouvoir justifier de la destination de ses déchets végétaux.
Tri, collecte et recyclage : comment optimiser la gestion en entreprise ?
Pour une bonne gestion, il faut bien séparer les déchets verts des autres flux dès le point de production. Sur un chantier paysager ou dans un parc d’entreprise, cela suppose d’avoir des contenants dédiés et identifiés (bennes, big bags, sacs biodégradables) et de bien sensibiliser les équipes au tri et aux erreurs fréquentes (mélange avec des terres, gravats ou plastiques).
Les solutions de collecte
Plusieurs options s’offrent aux entreprises selon leur organisation et leurs volumes :
La déchetterie professionnelle est la solution la plus courante pour les petits volumes ou les chantiers ponctuels. Elle est accessible sous conditions (certaines déchetteries publiques sont réservées aux particuliers) et implique un transport à la charge de l’entreprise.
La collecte par un prestataire privé est adaptée aux volumes réguliers et importants. Des opérateurs nationaux et locaux proposent des enlèvements de bennes, big bags ou vrac sur site. C’est la solution privilégiée des entreprises paysagistes traitant de nombreux chantiers.
Le broyage sur site permet de réduire significativement le volume des déchets ligneux (branches, tailles d’arbustes) et de produire un broyat réutilisable directement en paillage. Cette solution réduit les coûts de transport et de traitement, et s’inscrit dans une logique d’économie circulaire locale.
Le compostage sur site est envisageable pour les établissements disposant d’un espace extérieur adapté. Il permet de valoriser tontes et feuilles mortes directement en compost pour les espaces verts du site. Cette solution demande environ 2h d’entretien hebdomadaire et nécessite une rigueur dans les apports (pas de viandes, graisses ou végétaux malades).
Que deviennent les déchets verts ?
Les déchets verts ne sont pas de simples résidus : ce sont des ressources organiques à fort potentiel. Plusieurs filières de recyclage et de valorisation énergétique existent, complémentaires selon la nature des déchets collectés.
Le compostage industriel
C’est la filière la plus répandue pour les déchets verts. Les matières collectées sont traitées dans des plateformes de compostage où température, humidité et aération sont contrôlées. Le résultat est un compost normalisé (norme NFU 44-051), utilisé en agriculture ou en horticulture pour amender les sols et réduire l’usage d’engrais chimiques.
En France, la production de compost à partir de déchets verts et biodéchets représente plusieurs millions de tonnes par an, faisant du compostage le premier débouché de la valorisation végétale.
La méthanisation : énergie et matière
La méthanisation décompose la matière organique en l’absence d’oxygène pour produire du biogaz (valorisé en chaleur, en électricité ou injecté dans le réseau de gaz naturel sous forme de biométhane) ou du digestat, un fertilisant organique de qualité, épandable en agriculture.
Le bois-énergie
Les déchets issus de l’élagage et de l’abattage — trop ligneux pour le compostage classique — peuvent alimenter des chaufferies bois ou des installations de cogénération. Le bois-énergie est la première source d’énergie renouvelable en France, et la valorisation des déchets ligneux en constitue une part croissante.
Le paillage et le broyat
Le broyage des branches et tailles produit un broyat utilisable directement sur les espaces verts en tant que paillis : il limite l’évaporation, enrichit le sol en se décomposant et réduit la pousse des mauvaises herbes. C’est la solution la plus locale, la plus rapide et souvent la moins coûteuse pour les entreprises paysagistes.
Le gestion des produits d’hygiène et d’entretien
Flux de déchet
Le recyclage des produits d’hygiène et d’entretien
Dans le secteur tertiaire, les produits d’hygiène et d’entretien représentent une part significative d’emballages plastiques, de consommables à usage unique et de résidus chimiques.
Mal triés ou mal orientés, ces flux peuvent rapidement être dirigés vers la mauvaise filière, alors qu’une gestion adaptée permet de les valoriser, tout en réduisant à la fois les impacts environnementaux et les coûts de traitement.
De quel déchet parle-t-on ?
Les déchets issus des produits d’hygiène et d’entretien regroupent l’ensemble des résidus générés par l’utilisation de produits destinés au nettoyage, à la désinfection et à l’hygiène. Ils comprennent à la fois :
- Les produits consommés: lingettes, essuie-mains papier, papier hygiénique, absorbants,
- Les résidus de produits: fonds de bidons, solutions non utilisées, produits périmés,
- Les emballages associés: flacons, bidons, aérosols, cartouches, recharges.
Quel est le cadre réglementaire ?
La gestion des déchets issus des produits d’hygiène et d’entretien en entreprise est encadrée par le Code de l’environnement, en particulier les articles L.541-1 et suivants, qui posent le principe fondamental selon lequel tout producteur ou détenteur de déchets est responsable de leur gestion jusqu’à leur élimination ou valorisation finale.
Cette responsabilité implique l’obligation de trier les déchets, de prévenir leur production, d’en assurer la traçabilité et de les orienter vers des filières de traitement adaptées et autorisées.
Selon leur composition et leur niveau de souillure, ces déchets peuvent relever de différentes catégories réglementaires :
- Déchets non dangereux assimilables aux déchets industriels banals (DIB),
- Emballages recyclables lorsqu’ils sont vides et non contaminés,
- Déchets dangereux en présence de substances chimiques classées (désinfectants, solvants, produits concentrés).
Leur identification précise est essentielle afin d’orienter chaque flux vers la filière de traitement adaptée et conforme à la réglementation en vigueur.
Les 9 pictogrammes de dangerosité permettent d’identifier rapidement les risques associés à un produit (inflammable, corrosif, toxique, dangereux pour l’environnement, etc.). Leur présence sur un emballage doit systématiquement alerter et guider les modalités de tri et de traitement du déchet.
Il est toutefois légitime de se demander : où jeter vos produits d’entretien ? Si le contenu est dangereux, le contenant l’est-il également ?
Dans cet article, nous vous proposons un arbre de décision pour vous aider à gérer les déchets d’emballages de produits dangereux.
Si le produit s’avère être un déchets dangereux, leur gestion impose des exigences renforcées : conditionnement adapté, collecte par un prestataire agréé et, le cas échéant, émission de bordereaux de suivi de déchets dangereux (BSDD) sur Trackdéchets.
Enfin, les obligations de tri à la source issues de la loi AGEC n° 2020-105 du 10 février 2020 et de ses décrets d’application renforcent la séparation des flux recyclables (emballages plastiques, cartons, métaux) et encouragent la réduction des déchets à la source, le réemploi et l’utilisation de solutions alternatives.
Que deviennent les déchets collectés ?
Le devenir des déchets issus des produits d’hygiène et d’entretien dépend de leur nature, de leur niveau de contamination et du tri effectué à la source.
| Catégorie | Déchets concernés | Collecte | Traitement |
|---|---|---|---|
| Emballages vides et non souillés | Flacons plastiques, bidons, aérosols | Prestataire public ou privé | Orientés vers une filière de recyclage |
| Résidus de produits d’entretien | Produits périmés, fonds de bidons ou solutions concentrées | Déchetterie professionnelle ou prestataire agréé | Traités comme des déchets dangereux dirigés vers des installations spécialisées, le plus souvent par incinération ou traitement physico-chimique |
| Consommables souillés | Lingettes, essuie-mains papier, papiers hygiéniques, chiffons jetables | Prestataire public ou privé | Orientés vers les déchets résiduels, avec un traitement majoritairement par incinération ou, en dernier recours, par enfouissement |
Ces déchets-ils concernés par une filière REP ?
À ce jour, il n’existe pas de REP spécifique couvrant l’ensemble des produits d’hygiène et d’entretien. Toutefois, certaines catégories de déchets associées peuvent relever de dispositifs REP existants :
REP Emballages Professionnels (à partir de juillet 2026)
Les produits de nettoyage et d’entretien peuvent relever de la REP Emballages professionnels lorsque leurs contenants ont une capacité supérieure à 5 litres. Dans ce cadre, les emballages plastiques (bidons, jerricans, contenants rigides) bénéficient d’un soutien à la collecte et à la traçabilité des flux.
En revanche, les aérosols en métal, bien qu’inclus dans le périmètre des emballages professionnels, ne bénéficient que d’un soutien à la traçabilité, sans prise en charge directe des coûts de collecte.
Concernant les flacons de gel douche et de shampoing, notamment utilisés dans le secteur de l’hôtellerie, leur statut reste à ce jour ambigu. Ces contenants ne sont pas encore clairement définis comme des emballages professionnels au sens de la REP.
REP Textiles Sanitaires à Usage Unique (TS2U) - Lingettes à usage unique
Selon leur composition (fibres textiles, plastiques) et leur usage, elles peuvent être concernées dans le cadre des réflexions autour des textiles sanitaires à usage unique par la filière REP TS2U, encore en structuration.
En l’absence de REP couvrant directement les produits d’hygiène et d’entretien, la responsabilité de leur gestion en fin de vie repose principalement sur le producteur de déchets (l’entreprise utilisatrice), qui doit s’assurer de l’élimination ou de la valorisation de ses déchets.
Réduction à la source et réemploi
Les éco-labels
Selon une étude de la Commission européenne The direct and indirect benefits of the European Ecolabel, « si les produits porteurs de l’Écolabel européen atteignaient ne serait-ce que 55 % de parts de marché, cela permettrait une économie annuelle de 12 millions de m³ d’eau et une réduction de 22 000 tonnes de substances nocives rejetées dans l’environnement ».
La certification Écolabel européen évalue les impacts environnementaux liés notamment à la consommation de matières premières et d’énergie, à la pollution de l’eau, de l’air et des sols, à la production de déchets, au bruit, ainsi qu’à la préservation de la biodiversité.
En France, d’autres dispositifs permettent d’identifier des produits plus respectueux de l’environnement :
- NF Environnement (certifiée par l’Afnor)
- Ecocert
- Nature & Progrès
- Laboratoires Salveco proposent les gammes Atout Vert
- Novamex, avec la marque L’Arbre Vert
Privilégier les grands contenants et la recharge
Autant que possible, privilégiez les produits sans emballage. Certaines associations, telles qu’Unisoap, collectent par exemple les savons usagés des hôtels à des fins humanitaires.
Lorsque cela n’est pas possible, le recours à des contenants de grande capacité (bidons de 5 à 10 litres) et aux systèmes de recharge constitue un levier efficace de réduction des déchets d’emballages. Cette pratique limite la production de plastiques à usage unique, optimise la logistique et favorise une gestion plus rationnelle des stocks. Couplée à l’utilisation de produits concentrés, elle permet également de réduire les volumes transportés et les impacts environnementaux associés.
Par ailleurs, vérifier que les produits que vous utilisez ne contiennent pas de microbilles en plastique. Ces microbilles en plastique se retrouvent dans les réseaux d’assainissement qui collectent les eaux usées. Une fois dans le milieu marin, elles constituent une pollution qui ne peut être éliminée.
Fabriquer ses produits d'entretien par électrolyse
Cleanea propose une machine permettant de produire sur place un détergent et un désinfectant, à partir d’eau, d’un peu de sel et d’un procédé d’électrolyse.
L’objectif est d’utiliser une formulation beaucoup plus simple que celle des produits d’entretien traditionnels, tout en réduisant significativement l’empreinte carbone et la production de déchets plastiques.
Articles & actualités déchets
Le recyclage des jouets et jeux de société
Flux de déchet
Le recyclage des jouets et jeux de société
Environ 111 000 tonnes de jouets et jeux de société sont mis sur le marché chaque année. D’après les estimations de l’ADEME, les jouets auraient une durée de vie moyenne de 15 ans, le flux annuel de déchets généré par la filière représente soit 100 000 tonnes de déchets.
De quel déchet parle-t-on ?
Les jouets peuvent être classés en plusieurs catégories :
- Jeux de plein air ;
- Jeux d’intérieur : poupée, peluche, construction, jeux d’action, etc. ;
- Jeux de société, puzzles et maquettes ;
- Jouets cadeaux (jouet distribué gratuitement au consommateur dans le cadre d’une vente).
Sont exclus du périmètre :
- Tous les jouets relevant déjà d’une REP : DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques) et articles de sport et de loisir (cycle, rollers, trottinettes, skates, ballon, trampoline, etc.) ;
- Les jouets de loisirs créatifs contenant des pâtes, encres, peintures ;
- Les jouets pour animaux.
Quel est le cadre réglementaire ?
Les jouets sont encadrés par la REP Jouets, l’objectif de la filière est de collecter et traiter la masse de déchets pour favoriser le réemploi, le recyclage et réduire les charges associées à la gestion des déchets Jouets pour les collectivités. L’organismes agréés par cette filière Ecomaison.
Avec le principe d’éco-modulation, les metteurs sur le marché des jouets sont soumis à un système de bonus-malus basé sur des critères environnementaux rigoureux. Ces critères incluent la durabilité des produits, leur réparabilité, le contrôle des substances dangereuses ou perturbatrices du recyclage, l’intégration de matériaux recyclés, ainsi que l’origine des matériaux utilisés. Cette approche incite les fabricants à concevoir des jouets qui respectent davantage l’environnement tout au long de leur cycle de vie.
Quels sont les moyens de collecte disponibles ?
Plusieurs canaux de collectes sont envisageables pour les capter :
- Les structures de l’économie sociale et solidaire (ESS) ou pendant l’opération Laisse parler ton cœur ;
- Les distributeurs, ou magasins de jouet, la loi AGEC impose dans l’article 62 la reprise chez les distributeurs en « 1 pour 1 » ou même « 1 pour 0 » depuis le 1er janvier 2022 ;
- Les déchèteries, ou les points de reprises mobiles ;
- Les encombrants, s’ils sont mis en place par la collectivité locale et sous réserve que les objets collectés soient effectivement recyclés ou réutilisés.
Pour trouver le point de collecte le plus proche de chez vous cliquez-ici.
Que deviennent les jouets et les jeux de société ?
- Réutilisation: à privilégier par le biais de recycleries ou de dons à des associations
- Recyclage : séparation et traitement des différents composants pour récupérer le plastique, bois, métaux, etc.
- Incinération : les matériaux qui ne peuvent être ni réemployés ni recyclés sont incinérés pour récupérer de l’énergie sous forme de chaleur ou d’électricité.
- Stockage : les résidus qui ne sont pas valorisables sont envoyés dans des centres de stockage.
Quels sont les objectifs de la REP Jouets ?
Le cahier des charges défini par l’arrêté du 27 octobre 2021 de la filière précise les objectifs et modalités pour les éco-organismes :
- Organiser et financer la collecte et le recyclage des jouets.
- Soutenir financièrement le réemploi, la réutilisation et la réparation des déchets grâce aux fonds réemploi et réparation.
Objectifs REP | Objectifs de collecte | Objectifs de réemploi | Objectifs de recyclage | |||
| 2024 | 2027 | 2024 | 2027 | 2024 | 2027 | |
| Jouets et jeux de société | 28 % | 45 % | 6 % | 9 % | 35 % | 55 % |
Secteurs concernés par le recyclage des jouets
Les hôtels
Les établissements de santé
La grande distribution
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Le recyclage des articles de jardinage et de bricolage
Flux de déchet
Le recyclage des articles de jardinage et de bricolage
Environ 145 000 tonnes d’Articles de Bricolage et de Jardinage (ABJ) sont mises sur le marché chaque année. D’après les estimations de l’ADEME, le flux annuel de déchets généré par la filière représente soit 84 000 tonnes de déchets ABJ.
De quel déchet parle-t-on ?
- Outillage du peintre : peintures, vernis, laques, pinceaux, rouleaux, bacs à peinture, bandes de masquage, solvants, diluants, enduits, et autres accessoires de peinture, etc.
- Machines et appareils motorisés thermiques : tondeuses à gazon, tronçonneuses, taille-haies, débroussailleuses, souffleurs de feuilles, motoculteurs, etc.
- Matériel de bricolage : marteaux, tournevis, pinces, scies, vis, clous, chevilles, boulons, écrous, charnières, serrures, poignées, etc.
- Produits et matériels destinés à l’entretien et l’aménagement du jardin : pelles, râteaux, sécateurs, arrosoirs, semences, terreaux, engrais, produits phytosanitaires, pots de fleurs, clôtures, dalles, pavés, mobilier de jardin, serres, abris de jardin, systèmes d’arrosage, etc.
Quel est le cadre réglementaire ?
Les articles de bricolage et de jardinage sont encadrés par la filière REP Article de Bricolage et de Jardinage. L’objectif est de collecter et traiter cette masse de déchets pour favoriser le réemploi, le recyclage et réduire les charges associées à la gestion des déchets ABJ pour les collectivités. Les organismes agréés sur cette filière sont :
- ECODDS pour l’outillage du peintre ;
- Ecologic pour les machines et appareils motorisés thermiques ;
- Ecomaison et Valobat pour le matériel de bricolage et les produits et matériels destinés à l’entretien et l’aménagement du jardin.
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Les metteurs sur le marché sont soumis à un système de bonus-malus basé sur des critères environnementaux tels que la durabilité, la réparabilité, le contrôle des substances nocives, l’intégration de matériaux recyclés et l’origine des matériaux.
Ils financent les opérations de collecte, y compris la collecte des ABJ usagés dans les zones spécifiques et la collecte séparée en déchèterie ou par des points de reprise mobile.
Quels sont les moyens de collecte disponibles ?
Plusieurs canaux de collectes sont envisageables pour capter les déchets ABJ :
- Les structures de l’économie sociale et solidaire (ESS) ;
- Les distributeurs, ou magasins d’articles de bricolage et de jardin. La loi AGEC impose dans l’article 62 la reprise chez les distributeurs en « 1 pour 1 » et même « 1 pour 0 » depuis le 1er janvier 2022 ;
- Les déchèteries, ou les points de reprise mobiles ;
- Les encombrants, s’ils sont mis en place par la collectivité locale et sous réserve que les objets collectés soient effectivement recyclés ou réutilisés.
Que deviennent les articles de jardinage et de bricolage ?
- Réemploi: à privilégier par le biais de recycleries ou de dons à des associations
- Recyclage: les articles sont démontés et triés pour séparer les différents matériaux (métaux, plastiques, bois, etc.)
- Valorisation énergétique: ceux qui ne peuvent pas être réemployés ou recyclés sont incinérés afin de récupérer de l’énergie sous forme de chaleur ou d’électricité.
- Stockage: les résidus non réutilisables, non recyclables et non valorisables énergétiquement sont envoyés dans des centres de stockage des déchets ultimes (décharges contrôlées).
Quels sont les objectifs de la REP ABJ ?
Le cahier des charges de la filière précise les objectifs et modalités pour les éco-organismes :
- Organiser et financer la collecte et le recyclage des déchets de bricolage et de jardinage.
- Soutenir financièrement le réemploi, la réutilisation et la réparation des déchets grâce aux fonds réemploi et réparation.
Objectifs REP AJB | Objectifs de collecte | Objectifs de réemploi | Objectifs de recyclage | |||
| 2024 | 2027 | 2024 | 2027 | 2024 | 2027 | |
| Outillage du peintre | 15 % | 27 % | – | – | 37 % | 50 % |
| Machines et appareils motorisés thermiques | 28 % | 45 % | 5 % | 11 % | 37 % | 55 % |
| Matériel de bricolage | 13 % | 25 % | 4 % | 10 % | 55 % | 65 % |
| Produits et matériels destinés à l’entretien et à l’aménagement du jardin | 13 % | 20 % | 2 % | 5 % | 40 % | 55 % |
Secteurs concernés par le recyclage des articles de bricolage et de jardinage
Les hôtels
Les établissements de santé
La grande distribution
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Le recyclage des mégots en entreprise
Flux de déchet
Le recyclage des mégots en entreprise
Chaque année, c’est 30 milliards de mégots qui sont jetés par terre en France. Le recyclage des mégots est donc devenu une préoccupation importante en France. En effet, les cigarettes, en plus d’avoir un effet néfaste sur la santé, sont une source importante de pollution. L’enjeu est de choisir le bon prestataire et de sensibiliser les fumeurs !
De quel déchet parle-ton?
Le mégot de cigarette est un déchet très spécifique, à la fois toxique, diffus et difficile à collecter.
Il est composé d’un filtre en acétate de cellulose (plastique non biodégradable), de résidus de tabac et de nicotine et de nombreuses substances chimiques issues de la combustion.
Ce déchet est aujourd’hui considéré comme l’un des plus polluants, sachqnt qu’il met plusieurs années à se dégrader, qu’il libère des substances toxiques dans les sols et les milieux aquatiques et qu’il fait partie des déchets les plus présents dans l’espace public.
Sa petite taille et son caractère dispersé en font un déchet complexe à gérer en entreprise, notamment dans les zones fumeurs.
Quel est le cadre réglementaire ?
Depuis le 1er janvier 2021, les mégots sont intégrés dans la filière REP (Responsabilité Élargie du Producteur) des produits du tabac, pilotée par l’éco-organisme ALCOME. Les fabricants de tabac financent la gestion des mégots via une éco-contribution, qui contribue à soutenir les collectivités pour dépollution des mégots jetés sur la voie publique et le développement des solutions de collecte et de recyclage. la REP contribue également à financer les campagnes de sensibilisation contre le tabagisme. L’objectif reste de diminer les abandons de mégots de manière significative (-40%) de 2021 à 2026.
Bien qu’il soit interdit de jeter son mégot sur la voie publique sous peine d’une amende de 135 euros en France, il n’y a à ce jour par d’obligation de tri des mégots.
Pour les entreprises :
La mise en place de dispositifs (cendriers, collecte, traitement) reste à leur charge.
Ces démarches s’inscrivent dans les politiques RSE et conformité environnementale.
Quelles solutions pour trier les déchets de mégots pour un professionnel ?
La gestion des mégots en entreprise repose sur l’installation appropriée d’équipements permettant une collecte de ce déchet trop souvent abandonné.
1. Installer des dispositifs de collecte adaptés
Cendriers extérieurs (zones fumeurs, entrées de site)
Bornes murales ou sur pied
👉 Ces équipements permettent de canaliser un déchet très diffus et d’éviter les jets au sol.
2. Faire appel à des prestataires spécialisés
Plusieurs acteurs proposent des solutions clés en main, avec toutefois de véritables différences de traitement et d’exutoire. Pour choisir un prestataire, les plus importantes questions à poser sont :
- Quelle est la valorisation proposée (matière ou énergétique) ?
- L’usine de recyclage n’est-elle pas trop loin du lieu de collecte ?
Les entreprises de collecte mettent à disposition des professionnels des cendriers, puis selon la production de déchets :
- Organisent un envoi postal ;
- Collectent directement les cendriers ;
- Fournissent des fûts dans lesquels stocker les mégots avant collecte.
Que deviennent les mégots triés et collectés ?
Valorisation énergétique (majoritaire)
Les mégots sont transformés en combustible de substitution pour l’industrie.
👉 C’est aujourd’hui la solution la plus répandue.
Recyclage matière (en développement)
Après dépollution des filtres, les mégots sont transformés en isolant thermique et phonique (bâtiment), en rembourrage textile (par exemple pour les doudounes) ou encore en compost.
👉 Cette filière est plus vertueuse mais techniquement complexe et avec des capacités de traitement encore très limitées. Par ailleurs l’étape de dépollution est sujette à caution et remise en cause par certains acteurs.
En l’absence de tri, les mégots finissent dans les déchets résiduels / ordures ménagères. Ils suivent alors la filière de traitement classique, variable selon le prestataire mandaté : enfouissement ou incinération.
Dans la nature, les mégots mettent entre 5 et 15 ans à se dégrader, et ils termineront leur course dans les rivières et les océans. 40 % des déchets en mer Méditerranée sont des mégots, et un mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau !
Secteurs concernés par les mégots
Les hôtels
Les établissements de santé
Les restaurants
La grande distribution
Les activités de bureau

